Le Nord sera prêt : Bogue de l'an 2000

12 novembre 1999
0 Commentaire(s)
Lorsqu’on parle du bogue du millénaire et de ses possibles répercussions sur les citoyens, les scénarios les plus incroyables et cauchemardesques sont évoqués : des avions hors contrôle qui s’écrasent, des pannes d’électricité généralisées et des systèmes téléphoniques qui ne fonctionnent plus.

En novembre 1998, un comité regroupant des interlocuteurs du gouvernement fédéral, du gouvernement territorial, des municipalités et aussi de grandes entreprises de services a été formé pour justement s’occuper de cette transition vers l’an 2000. Il s’agit du Comité d’intervention d’urgence des Territoires du Nord-Ouest (CIUTNO).

Pour le major Yves Laroche des Forces armées canadiennes, il semble assuré que suffisamment d’efforts de prévention ont été fait au cours des derniers mois pour prévenir toute conséquence fâcheuse au 1er janvier 2000. Il est un participant du CIUTNO et est aussi le coordonateur à la planification An 2000 des trois territoires du Nord pour les Forces armées canadiennes. " Le Nord est différent du reste du Canada ", explique le major Laroche. Non seulement le niveau de population y est plus faible, mais il note également que plusieurs citoyens du Nord sont souvent plus habitués de vivre dans des conditions plus difficiles.

La Société d’Énergie des T.N.-O., Northland Utilities et Northwestel sont de grandes entreprises des T.N.-O. qui ont participé au Comité d’intervention d’urgence. Leur rôle prédominant dans les secteurs des communications et de production d’électricité explique cette attention toute particulière qui leur est portée par le CIUTNO. Ces grandes compagnies, ainsi que les gouvernements, ont suivi un processus précis pour satisfaire au besoin du Comité. Ils devaient d’abord faire un inventaire de tous leurs systèmes qui pouvaient potentiellement être affectés par le passage à l’an 2000. L’étape suivante consistait à prendre les mesures correctrices pertinentes afin de remédier au problème soit au niveau des logiciels que du matériel informatique en cause. Malgré ce processus, le comité a établi un Plan de contingence qui permettra de parer à toute éventualité. Ce plan, a indiqué le major Laroche, établit trois niveaux d’urgence reposant principalement sur la portée des défaillances : municipal, régional et territorial. Normalement, l’Organisation des interventions d’urgences serait appelée à agir d’abord dans les situations les plus globales et généralisées puis en redescendant vers le niveau local.

Une téléconférence de 12 heures des membres du CIUTNO est prévue du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000.

Le major Laroche possède une bonne expérience en matière d’intervention d’urgence. En effet, en 1997 il a participé à l’intervention des Forces armées canadiennes au Manitoba lors des inondations printanières puis à celle de janvier 1998 pour appuyer les sinistrés de la tempête de verglas. L’intervention des Forces armées sera cependant plus limitée. En effet, il n’y a pas d’unités des forces armées déployées dans le Nord, le personnel disponible est donc restreint; l’effectif total compte environ 120 réguliers, réservistes et civils. Par contre, indique le major Laroche, les patrouilles de Rangers dans les petites communautés pourraient venir en aide à la population locale.

Malgré toutes ces préparations en vertu d’un scénario du pire, Yves Laroche est convaicu que les effets seront minimes. La plus grande crainte du major est que certains problèmes d’occurrence normale ( une panne d’électricité, par exemple )puissent être attribué au passage à l’an 2000.