Autochtones : Bill Erasmus veut que les Autochtones soient entendus

12 juillet 2012
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Le candidat comme chef de l’Assemblée des Premières Nations, Bill Erasmus, participe toujours à la protection des acquis des Autochtones et n’hésite pas à dénoncer ce qu’il juge contraire aux valeurs de son peuple, comme lors de la manifestation contre le projet de loi C-38 à Yellowknife, le 4 juin. (Photo : Archives L'aquilon)

Le candidat comme chef de l’Assemblée des Premières Nations, Bill Erasmus, participe toujours à la protection des acquis des Autochtones et n’hésite pas à dénoncer ce qu’il juge contraire aux valeurs de son peuple, comme lors de la manifestation contre le projet de loi C-38 à Yellowknife, le 4 juin. (Photo : Archives L'aquilon)

Le chef national déné Bill Erasmus s’est lancé dans la course pour être le futur chef de l’Assemblée des Premières Nations pour que les Autochtones du pays soient reconnus et respectés.
 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bill Erasmus n’a pas peur de faire savoir ce qu’il pense, et ce, concernant plusieurs sujets.
En automne 2011, il n’a pas hésité à se déplacer jusqu’à Washington avec un groupe pour manifester devant la Maison blanche contre le projet d’oléoduc Keystone XL entre les États-Unis et le Canada.
Tout récemment, il a participé activement à la manifestation contre le projet de loi C-38 du gouvernement fédéral visant à modifier plus de 70 lois dont la majorité touchent l’environnement.
Bill Erasmus est actuellement chef national de la Nation dénée et siège aussi à l’Assemblée des Premières Nations, mais voilà qu’il a décidé de se présenter à l’APN en tant que chef.
Il affirme avoir été approché par plusieurs personnes pour qu’il dépose sa candidature et s’est finalement laissé tenter.
L’actuel chef sortant, Shawn Atleo, a déjà signifié qu’il solliciterait un autre mandat lors de l’élection.
Même si, dans tous les aspects, cela ressemble à une course électorale pour le prochain gouvernement d’une province ou du pays, Bill Erasmus tient tout de même à faire une distinction avec les élections chez les Premières Nations.
« L’Assemblée des Premières Nations n’est pas un gouvernement, donc les gens ne votent pas pour le chef d’un parti, mais plutôt pour un politicien avec un mandat particulier qui n’est pas lié à un parti, explique le chef national déné. La manière dont les élections ont lieu aurait besoin d’être observée aussi. Nous nous devons de savoir quelle serait sa signification si chaque personne avait la possibilité de voter. »

Un peuple, une nation
Pour le chef établi à Yellowknife, la notion d’unité est très importante. Ce n’est pas parce que quelqu’un n’est pas déné qu’il sera automatiquement exclu.
« Les gouvernements ont mis des barrières entre nous, que ce soit des frontières de provinces, de territoires ou de pays, mais nous sommes toujours un seul peuple : nous sommes dénés, croit Bill Erasmus. Mais même ceux qui ne sont pas dénés le sont quand même. Déné veut dire gens, alors c’est vous et moi. Nous vous avons adoptés. »
L’Autochtone a vécu beaucoup d’expériences dans sa vie avec différentes communautés, comme en 1990 alors qu’il aidé les Mohawks lors de la Crise d’Oka.
« Je ne veux entendre personne nous appeler militants ou radicaux, raconte-t-il avec émotion. En 1990, nous avons empêché ce pays de tomber en morceaux. Quand des gens voulaient faire sauter des ponts, des aéroports, nous les avons empêchés. »
En se présentant comme chef de l’Assemblée des Premières Nations, M. Erasmus veut travailler pour les gens et pour s’assurer que leurs droits sont respectés.

 

Gouvernement du peuple
Bill Erasmus parle aussi beaucoup du projet de loi C-38, auquel il s’oppose fortement parce qu’il estime que cela ne représente pas la vision des Canadiens.
« La population devrait avoir une certaine crainte parce que les gens ont perdu le contrôle sur le gouvernement actuel, estime le candidat. Le gouvernement semble avoir un plan, mais il ne vient pas du peuple, il vient d’un petit groupe de gens. »
Il fonde quelques espoirs sur l’application de l’article 35 de la Constitution qui soustrait les peuples autochtones aux lois fédérales afin de pouvoir maintenir leurs propres législations, par exemple en ce qui a trait à des lois sur l’environnement qui pourraient subir des modifications par le fédéral et qui toucheraient ainsi les Autochtones.
Pour cela, Bill Erasmus soutient que l’Assemblée des Premières Nations doit solliciter la Cour suprême pour qu’elle lui autorise l’article 35.
Mais il n’en demeure pas moins que le candidat continuera de s’opposer au projet de loi C-38 et, un peu comme le thème de la manifestation du 4 juin 2012, il articule sa campagne autour de l’incitation les gens à se prononcer sur les choses qui sont importantes pour eux.
« N’ayez pas peur de vous prononcer, soutient-il. Nous sommes un peuple indépendant et nous avons les ressources pour nous aider, même si cela n’est pas tout à fait réglé. Par exemple, quand le gouvernement a rendu son budget, une partie nous était allouée, mais nous ne savons toujours pas où cet argent ira et le problème est là. »
Outre Bill Erasmus et Shawn Atleo, quatre autres personnes se présentent pour le poste de chef de l’APN, soit Terry Nelson, un chef au Manitoba, Ellen Gabriel, la présidente de l’association Femmes autochtones du Québec, Joan Jack, une avocate de la Première Nation Berens River au Manitoba et Pam Palmater, une enseignante et avocate micmaque de Toronto.
Un candidat doit obtenir le plus de votes de la part des chefs du pays pour remporter l’élection, qui se tiendra le 18 juillet à Toronto.