Nation dénée : Bill Erasmus reprend les commandes

04 août 2006
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Bill Erasmus a défait quatre candidats au cours de l’Assemblée annuelle de la Nation dénée tenue du 27 au 31 juillet dernier, pour redevenir le grand chef de cette nation. Lui qui occupait déjà les fonctions de Chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour les TNO reprend donc les deux fonctions qu’il occupait avant 2003.

Rappelons qu’alors que Noelline Villebrun assumait les fonctions de cheffe de la nation, Bill Erasmus a continué d’occuper les fonctions de représentant de la région à l’APN. Cette situation avait été à l’origine d’une énorme rivalité entre les deux personnages.

Cette fois cependant, il n’y a pas de doute. « J’ai reçu un soutien fort de la part des délégués et ils veulent des gens qui travaillent ensemble », dit le nouvel élu.

Une ombre vient cependant assombrir le tableau de Bill Erasmus, le chef de la Première nation d’Aklavik, Charlie Furlong, a envoyé une lettre proposant la dissolution de la Nation dénée. Cette résolution n’a pas été l’objet d’un vote lors de l’assemblée tenue à Hay River. Quant à M. Furlong, il n’a pu être rejoint par L’Aquilon.

Pour les trois prochaines années, M. Erasmus entend rétablir l’unité au sein de la Nation dénée. « Je veux rassembler les gens et refaire l’unité. C’est un élément important qui inclut tous les résidents du Nord », soutient-il.

Le dossier de l’Accord de Kelowna recevra aussi beaucoup d’attention de la part du nouveau chef, qui ne mâche pas ses mots à l’endroit du gouvernement conservateur. « Le Canada n’a pas le droit de dire non. Il s’agit du même gouvernement. Il n’y a que le parti au pouvoir qui est différent. Nous avons le Bloc québécois, le Nouveau parti démocratique et le Parti libéral de notre côté et les Conservateurs se doivent d’honorer la Couronne », dit-il à propos de l’entente de plus de cinq milliards de dollars visant à éliminer le fossé entre les conditions de vie des Autochtones et celles des non autochtones.

Bill Erasmus rappelle que l’Entente de Kelowna avait reçu l’appui unanime des premiers ministres des provinces et des territoires.

Le chef en ajoute, évoquant le refus, de la part du Canada, d’appuyer la déclaration du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les droits des peuples indigènes. « De quoi ont-ils peur ? Tout ce que l’on veut, c’est la mise sur pied de gouvernements qui nous sont propres. Notre situation est similaire à celle des Francophones, nos droits ne sont pas respectés », conclut-il.