Habitation : Bilan mitigé

30 janvier 2014
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« Nous cherchons des gens qui travaillent, mais dont le loyer est très très dispendieux, qui ne font pas assez d'argent pour se payer un loyer de dimensions convenables, explique Revi Lau-a, gestionnaire de la planification stratégique, des politiques et des communications à la SHTNO. »

« Nous cherchons des gens qui travaillent, mais dont le loyer est très très dispendieux, qui ne font pas assez d'argent pour se payer un loyer de dimensions convenables, explique Revi Lau-a, gestionnaire de la planification stratégique, des politiques et des communications à la SHTNO. »

Le Programme de supplément au loyer transitoire doit atteindre plus de gens.
 

La Société d'habitation des Territoires du Nord-Ouest (SHTNO) lancera en février une nouvelle campagne de promotion de son Programme de supplément au loyer transitoire (PSLT). « Nous devons rejoindre davantage de gens, affirme, affirme Revi Lau-a, gestionnaire de la planification stratégique, des politiques et des communications à la SHTNO. « On ne peut pas parler d'échec, car c'est un nouveau programme, mais il y a encore des besoins à combler. »
Le PSLT a été lancé en septembre 2012 dans le cadre du plan de la SHTNO Construire l'avenir. Grâce à ce programme, les citoyens ténois dépensant plus de 30 % de leur revenu pour leur loyer (incluant le chauffage et l'électricité) peuvent recevoir une aide mensuelle allant jusqu'à 500 $ par mois, durant deux ans. Parmi les conditions imposées, on retrouve celle de demeurer aux TNO depuis au moins un an, et de suivre une formation en gestion de budget d'une durée de six heures et demie. La grandeur de logement qu'on peut subventionner est telle que définie, à l'échelle canadienne, par la norme nationale d'occupation. On s'en doutera, le gouvernement ne finance ni les palaces ni les appartements luxueux. Le formulaire d'inscription et la formation, dit-on, sont offerts en français sur demande.
Pour être éligible au PSLT, il faut gagner un revenu en bas du seuil sous lequel il est jugé difficile de se procurer un logement sécuritaire et de dimensions convenables. Ce seuil, appelé en français plafond de revenu déterminant le besoin impérieux (PRBI), varie selon les municipalités et les ans, mais il ne faut pas être trop pauvre non plus. « Les personnes qui reçoivent des prestations d’assurance sociale ne sont pas admissibles, précise Revi Lau-a, elles bénéficient déjà d'un soutien. « Nous cherchons des gens qui travaillent, mais dont le loyer est très très dispendieux, qui ne font pas assez d'argent pour se payer un loyer de dimensions convenables. Des gens qui ont des revenus réguliers, des personnes âgées, etc. »
Le député de Frame Lake, Wendy Bisaro, s'inquiète que les gens vivant en loyer transitionnel n'aient pas droit au PSLT, soulignant que la marge financière entre le deux est parfois étroite. Elle craint également que des propriétaires immobiliers ne profitent de cette subvention pour hausser le prix de leurs loyers. « Mais c'est supposé être surveillé, dit-elle. »

Campagne de promotion
Cent quatre personnes ont profité du programme de supplément au loyer transitoire depuis sa création, plus de 90 % d'entre eux étant à Yellowknife. Étrangement, 116 candidatures ont été rejetées. À la SHTNO, on n'a pas d'explication précise sur ce nombre élevé. Selon le gestionnaire de politique stratégique, de planification et de communications, ce sont des gens qui ne correspondaient pas à un des critères du programme, ou encore qui ont pu en être expulsés parce qu'ils n'ont pas suivi le cours de gestion obligatoire.
Cent quatre personnes, c'est assez peu. La SHTNO n'a pas eu à utiliser son système de pointage pour établir une sélection, système favorisant les ménages aux besoins les plus criants. Le député de Frame Lake, Wendy Bisaro, considère le chiffre est un peu trop modeste. Difficile de lui donner tort, surtout si on considère que selon une étude territoriale de 2009 sur les besoins de logement, 65 % des familles gagnant moins de 60 000 $ par an et louant un logement dépensent plus de 30 % de leur revenu pour ce logement. Selon nos estimations, c'est 4 484 foyers à l’échelle des TNO.
« Nous ne sommes même pas à la moitié de l'objectif de mi-parcours que nous nous sommes fixé, avoue Revi Lau-a. Nous voudrions être plus près de 175. » La SHTNO s'est donné un maximum de deux ans pour atteindre cet objectif. Dans cette optique, l'organisme compte entreprendre une grande campagne de marketing et de publicité en février. Outre Yellowknife, il visitera les municipalités dotées d'un marché de location et où le PSLT aurait dû avoir davantage de succès, comme Inuvik, Norman Wells, Hay River, Fort Smith et Fort Simpson. Revi Lau-a compte sur une bonne couverture des médias, comme lors de la campagne de marketing et de publicité de septembre 2013. Mais il veut y ajouter une présence dans les médias sociaux, des journées portes ouvertes, et souhaite développer des liens avec des organismes comme la Société des aînés des TNO. Le budget du programme pour 2013-2014 est de 1,17M$.

Les bureaux régionaux de la Société d’habitation des Territoires du Nord-Ouest tiendront des audiences publiques à Hay River le 3 février, à Norman Wells le 4 février, à Yellowknife le 5 février, et à Inuvik et Fort Simpson le 6 février.