Droits autochtones : Besoin du fédéral

28 janvier 2010
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Edward Sangris, chef de Dettah

Edward Sangris, chef de Dettah

Les Dénés Yellowknives veulent l’intervention du gouvernement fédéral.

 

Le chef de la Nation dénée, Bill Erasmus, demande à s’entretenir avec le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, Chuck Strahl, pour éviter que le conflit sur la chasse au caribou, qui oppose les premières nations dénées et le gouvernement des TNO, ne dégénère. « Même si ce n’est pas la même situation, ce qui s’est passé pour la crise d’Oka, c’est que pendant le premier mois et demi, le problème a été géré par la province. Et ça n’a fait qu’envenimer la situation. À partir du moment où le gouvernement du Canada a reconnu que cette situation était une responsabilité fédérale, les choses se sont réglées, même si ça n’a peut-être pas été en la faveur des premières nations », de rappeler Bill Erasmus en conférence de presse, le 25 janvier.

« Dans notre situation, il est encore plus net qu’il est du ressort du fédéral d’intervenir. Les TNO ne sont pas une province, le gouvernement territorial est régi par la Loi sur les Territoires du Nord-Ouest », a exposé le chef déné national. Il a ajouté qu’il espérait profiter d’une visite du ministre Strahl, possiblement ce vendredi, pour discuter avec lui de cette situation. Le chef déné a clarifié qu’il ne s’attendait pas à ce que le ministère se range de leur côté. « Ils ne peuvent pas parler pour nous », a-t-il dit, illustrant que le gouvernement fédéral était comme le parent du gouvernement territorial, et qu’il fallait qu’il lui montre comment rester à sa place.

Au moment de mettre sous presse, le cabinet du ministre n’a pu confirmer que Chuck Strahl se rendrait à Yellowknife et accorderait une rencontre avec les leaders autochtones.

Quelques heures avant ces déclarations faites aux journalistes, Bill Erasmus a rencontré des représentants de la Gendarmerie royale du Canada. « Je les ai informés de la situation. Je leur ai fait comprendre de façon claire que nous étions inquiets pour la sécurité publique, mais également pour la paix, l’ordre et la bonne gouvernance », a-t-il indiqué, en qualifiant la GRC comme étant l’un des représentants de la reine aux TNO et en ajoutant que les premières nations voulaient continuer de travailler en collaboration avec la gendarmerie.

 

Vers des actions juridiques

Ted Tsetta, chef des Dénés Yellowknifes de N’Dilo, affirme qu’avec la mise en place des restrictions de chasse au caribou, ce sont les 1 400 Couteaux-Jaunes qui voient leurs droits ancestraux mis en péril. « Comment une personne peut décider de la vie de 1 400 autres? », questionne-t-il. « De la façon dont les choses se présentent maintenant, nous devrons entreprendre une poursuite en justice », dit-il.

D’après le chef Tsetta, aucun gouvernement provincial ou territorial qui a défié les droits autochtones n’a gagné devant une Cour. « Pourquoi le GTNO essaie de faire l’impossible?, détaille-t-il calmement. Ni moi, ni mes leaders, ni mes membres ne le savons. Nous ne les avons pas forcés à cela, mais nous allons devoir montrer au GTNO qui est le boss, à qui appartient le territoire et qui détient les droits ici. »

Suite à ces allégations, le ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles, Michael Miltenberger, a répété dans certains médias ce qu’il avait répondu lorsque, pour la première fois, son autorité avait été remise en cause, le 14 janvier dernier. « D’après la Loi sur la faune, nous avons l’autorité. »