Éditorial : Audiences publiques secrètes

04 décembre 2014
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C’est probablement la première fois que j’entends parler d’audiences publiques « secrètes ». En effet, en lisant les propos des différents intervenants dans ce dossier, il est clair que des consultations ont eu lieu. Le problème évident est le manque d’information sur ces consultations.
Je suis conscient que le passage de la juridiction fédérale vers le territorial pour plusieurs dossiers, notamment ceux de l’Office des eaux des Territoires du Nord-Ouest, en avril dernier, peut expliquer l’état confus de ces mêmes dossiers.
Cependant, dans un dossier aussi crucial que celui de la gestion des eaux transfrontalières, il faudrait vraiment que le gouvernement fasse suffisamment de promotion de ses consultations pour que celles-ci soient valides.
Le Deh Cho est une artère essentielle des Territoires du Nord-Ouest et son bassin hydrographique a des tributaires dans au moins trois provinces (Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique) ainsi que dans le Yukon. Plusieurs habitants de villages riverains (du fleuve ou de ses tributaires) vivent de la pêche de poissons du fleuve ou de la chasse de gibier qui s’y abreuve. Ces accords sont donc importants pour la protection de ces habitants.
On est cependant tous conscient que le Deh Cho est le fleuve avec le plus gros débit du Canada et que son bassin couvre près de 20 % de la superficie totale du Canada. C’est un fait qui mitige l’impact que des désastres écologiques pourraient avoir sur la viabilité du fleuve. Un déversement toxique en Alberta ou en Colombie-Britannique pourrait ainsi n’avoir aucune répercussion importante sur le fleuve et ses affluents. Par contre, l’effet cumulatif de multiples désastres aurait un effet sur le fleuve et cela doit toujours être un facteur à tenir en tête lorsque ces ententes transfrontalières sont conclues. Le public doit également en être très bien informé durant tout le processus de consultation, pas seulement après coup.