Réforme organisationnelle : Aucun poste ne sera coupé dans le domaine de la santé

11 septembre 2014
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Les sommes économisées seront réinvesties en santé
 

Aucun poste ne sera coupé, même si le gouvernement va de l'avant avec son projet de fusionner les huit administrations des services de santé et des services sociaux territoriales. C'est ce qu'a affirmé à L'Aquilon la sous-ministre de la Santé et des Services sociaux Debbie Delancy.
Le gouvernement territorial a annoncé un projet majeur de réforme de son système de santé en juillet. Il cherche à améliorer le recrutement et la rétention des employés, le service aux aînés et aux Autochtones. Mais la pièce maîtresse du projet est la fusion des huit administrations qui, argue-t-on, faciliterait la coordination et la gestion, augmenterait la qualité et la rapidité des services, générerait des économies et serait une solution à l'actuel manque d'imputabilité des administrations.
« Les nouveaux postes pourront comporter certaines différences, affirme la sous-ministre Debbie Delancy, mais il n'y aura pas de coupes et personne ne sera affecté en région contre son gré. »
Alors qu'il y aurait actuellement un déficit dans chacune des administrations des services de santé et de service sociaux, la sous-ministre affirme que leur fusion engendrera des économies, des économies d'échelle, par exemple. Les administrations achètent actuellement chacune de leur côté aiguilles, vêtements, appareils, etc.; un achat en gros réduira les coûts. « Mais nous ne faisons pas cette réforme pour économiser de l'argent, mais pour améliorer les soins, précise Debbie Delancy. Nous ne savons par encore quel montant sera économisé, mais cet argent sera réinvesti dans le système de santé. »

Représentation
La sous-ministre rappelle que vers 2001 déjà, on avait tenté de réformer le système de santé, mais qu'on s'était heurté à beaucoup d'opposition. « Dans l'actuel projet, note-t-elle, dont nous parlons depuis près d'un an, nous avons beaucoup de soutien. Nous avons entendu quelques craintes, à propos des pertes d'emploi, des gens en région craignent de ne plus avoir de pouvoir décisionnel, mais tout le monde reconnaît que le système ne fonctionne pas comme il pourrait et qu'il est inefficace. »
Concernant la représentativité des régions, Debbie Delancy clame que la même structure régionale sera conservée, mais qu'elle aura davantage un rôle consultatif. Les présidents de chacun des conseils d'administration régionaux siègeront à un conseil d'administration territorial qui s'appelle pour l'instant le Health and Social Services Leadership Council, et qui gèrerait le budget et allouerait les ressources à travers le territoire. « À moins de changement à la loi, spécule la sous-ministre, ces présidents seront nommés et non élus. »

Dolynny favorable
Le député de Range Lake, Daryl Dolynny, qui regarde habituellement d'un œil critique la politique gouvernementale ténoise en matière de santé, s'est montré très favorable au projet de réforme. La stratégie avancée est selon lui valable, même si certains aspects demeurent à éclaircir. « Nous devons offrir la même qualité de soins partout aux Territoires, clame Daryl Dolynny. Actuellement, le ministère ne sait si les services pour lesquels il paye, comme le diabète et les maladies chroniques sont utilisés. Et il n'a pas le pouvoir d'imposer des vérifications [comptables, nldr]. Le nouveau système sera meilleur pour tout le monde. »
Le député de Frame Lake voit d'un bon œil que le projet de réforme inclut un comité consultatif; il espère que ses membres seront élus plutôt que nommés. Il avance que la refonte du système mènera à des économies nécessaires à un moment où le gouvernement fédéral est de moins en moins généreux. Un exemple? « Actuellement, chaque administration de santé envoie son propre représentant pour faire de l'embauche dans des foires d'emploi au Sud. Ça coûte cher. Avec une administration unique, une seule personne ira dans ces foires. Et il y aura une économie d'échelle pour l'achat de médicaments, de matériel et d'appareils. Il faut faire les affaires intelligemment. »
L’emplacement de cette future administration des services de santé et des services sociaux n'a pas été déterminé. « Je soutiendrais l'idée que l'administration soit basée à Yellowknife, déclare Daryl Dolonny, mais je ne m'opposerais pas à ce qu'elle soit située ailleurs. Avec les nouvelles technologies, ça change rien que l'administration soit à Yellowknife ou ailleurs. »

Appuis au Sahtu et à Yellowknife
De l'avis du député du Sahtu, Norman Yakeleya, la fusion des administrations de santé est une bonne idée, qui améliorera les services offerts dans le Nord. « Nous n'avons pas, dit-il, les services escomptés. Il y a un écart entre ce qui est offert à Yellowknife et dans les petites collectivités. La réforme permettra de mettre davantage d'argent dans ces dernières. » Quant à l’emplacement de la future administration unique, Norman Yakeleya considère logique que ce soit à Yellowknife. « Ça ne nous empêchera pas, croit-il, de prendre nos propres décisions. »
La directrice de l'Administration des services de santé et de services sociaux de Yellowknife, Liz Wyman, se déclare en faveur de la fusion des administrations, pourvu que le bien-être du patient en soit l’accent principal. « Ça a du sens d'avoir un système global pour le territoire, considère-t-elle, et il y a un besoin de le rendre plus efficace et convivial. » Liz Wyman donne comme exemple de problème le fait que chaque administration, qui est en soi une personne morale, a son propre système de dossiers médicaux. Cela crée des situations difficiles quand une personne d'une région donnée doit se faire soigner dans une autre. La directrice de l'Administration des services de santé et de services sociaux de Yellowknife n'a pas manifesté de crainte de perdre son travail.
Les citoyens des Territoires du Nord-Ouest ont jusqu'au 30 septembre pour manifester au gouvernement leur opinion sur son projet de réforme, énoncé dans le document Votre bien-être, notre priorité.