Chronique chasse et pêche : Au-delà de la limite des arbres

19 février 2015
0 Commentaire(s)
Jocelyn et son carcajou (Poto Jocelyn Démétré).

Jocelyn et son carcajou (Poto Jocelyn Démétré).

 

Le 16 janvier dernier, je commençais une superbe expédition de trois jours de chasse aux caribous avec deux de mes collègues : Simon Rocheleau et Yannick Fergusson. Nous anticipions plus de sept cents kilomètres en motoneige et deux nuits au-delà de la ligne des arbres. En somme, l’objectif était le troupeau Bervely situé aux alentours du lac Artillery. Plus spécifiquement, cent kilomètres au nord-est de Lutselk’e, là où la pousse des arbres est impossible. Une fois sur la toundra, nous pourrions localiser plus facilement les troupeaux de caribous. La possibilité de prélever un loup ou un carcajou animait également nos conversations pré-déploiement.

Il est 4 h du matin, nous quittons les limites de la ville de Yellowknife direction Lutselk’e. Nous avions désigné Yannick comme chef d’expédition, puisque celui-ci a vécu quatre ans à Iqaluit. Plus expérimenté avec les motoneiges et ce type d’aventure, Yannick était le premier en avant. Le déplacement fut très ardu puisque les précipitations de neige et les vents forts rendaient la visibilité très réduite. Après plusieurs heures de mouvements linéaires sur le Grand lac des Esclaves et de longs et sinueux sentiers, nous avions enfin nos premiers caribous devant nous. Malheureusement, il ne restait que quelques minutes avant la noirceur et nous étions loin d’avoir installé notre campement pour passer la nuit. La décision de ne pas précipiter les choses et de laisser passer ce mini troupeau sans intervenir fut unanime.

Le lendemain matin, nous avions décidé d’exploiter la zone de transition entre la toundra et la limite des arbres. En effet, plusieurs indices au sol indiquaient la présence de loups, de caribous et de carcajous. Après avoir vu notre premier loup au tout début de la journée, c’est le tour d’un superbe carcajou à se manifester. Yannick et Simon se déplacent vers lui en prenant soin de dominer les hauteurs, tandis que de mon côté, je décidais de couvrir le flanc descendant au cas où il déciderait de fuir dans cette direction. J’avais misé juste, quelques secondes plus tard, je récoltais mon premier carcajou. Afin d’immortaliser ce magnifique prédateur, une séance de photo était de mise. C’est durant cette série de poses avec le trophée que nous avons eu la visite inopinée d’un superbe loup blanc. Celui-ci semblait intéressé par nous au point où il s’est approché à moins de cent cinquante pieds de notre position. Malheureusement, l’arme de Simon était gelée et celui-ci n’a pas été en mesure d’effectuer un tir. Le loup solitaire a donc disparu tranquillement dans le blanc de la neige.

À -30 degrés Celsius il n’est pas rare que les armes fonctionnent mal. Pour éviter cela, il faut prendre le soin d’éviter le contraste de température. Par exemple, laisser son arme à l’extérieur pour éliminer la création de frimas sur les pièces métalliques. Il est également important d’enlever toute trace d’huile sur le mécanisme de la détente et ainsi que sur les parties mobiles. Il est donc essentiel de remplacer le lubrifiant liquide par du graphite en poudre. En conclusion, remplacer le lubrifiant liquide par un lubrifiant sec vous permettra d’éviter des ratés de tir.

Un petit rappel : Pour les résidents, la chasse au carcajou dans la région de Yellowknife se termine le 30 avril.