Pêcheries : Attirer la main-d'œuvre, accroître le marché

20 novembre 2014
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Le gestionnaire de l’économie traditionnelle, de l’agriculture et des pêcheries, John Colford, voit grand. Il croit même qu'un jour, l'ancienne usine de pêche d'Inuvik pourrait revivre. (Denis Lord)

Le gestionnaire de l’économie traditionnelle, de l’agriculture et des pêcheries, John Colford, voit grand. Il croit même qu'un jour, l'ancienne usine de pêche d'Inuvik pourrait revivre. (Denis Lord)

Le potentiel de consommation locale aux TNO serait de 250 000 kilos de poissons
 

Le gouvernement ténois veut favoriser l'immigration aux TNO des pêcheurs des Prairies. C'est ce qu'annonçait le ministre de l'Industrie, du Tourisme et de l'Investissement, David Ramsay, à l'Assemblée législative le 5 novembre.
Le Grand lac des Esclaves est la principale source de pêche commerciale des Territoires du Nord-Ouest. Année après année, on y pêche beaucoup moins que le quota autorisé, toutes espèces confondues. En 2014, on a pêché moins qu'un tiers du quota de 1,45 million de kilos. Les incendies et le bas niveau de l'eau auraient joué un rôle dans cette faible production, mais cela illustre tout de même une tendance qui se maintient année après année.
Augmenter le nombre de pêcheurs permettrait de rendre plus rentable une nouvelle usine de traitement de poissons à Hay River, pour laquelle le GTNO cherche des partenaires, et pourrait contribuer à la cible gouvernementale en matière de ventes locales. Le gouvernement lancera fin janvier une campagne de promotion des pêcheries locales sous la bannière NWT Fresh Fish (Great Slave Lake). « Nous pensons que le potentiel de consommation locale aux TNO est de 250 000 kilos », dit le gestionnaire de l’économie traditionnelle, de l’agriculture et des pêcheries, John Colford.
L'installation durable de ces pêcheurs aux TNO rejoindrait également la volonté du GTNO de hausser la population territoriale.

Antécédents et réactions
Selon le gouvernement, 95 % des pêcheurs commerciaux du Grand lac des Esclaves sont originaires de la Saskatchewan. Très peu des générations précédentes de ces pêcheurs étaient aux TNO avant 1960.
Les circonstances seraient favorables à ce qu'une nouvelle génération de pêcheurs jette l'ancre. « L'Alberta, donne comme exemple John Colford, interdit la pêche commerciale au profit de la pêche sportive. » L'idée, résume le gestionnaire, est d'aller à la rencontre des pêcheurs des Prairies et de les sonder pour connaître leurs besoins. Selon lui, des 34 pêcheurs commerciaux œuvrant sur le Grand lac des Esclaves en 2013, sept provenaient du Manitoba et de l'Alberta, et ils ont pêché pour 1 million de $ de poissons.
« On avait annoncé dans les journaux qu'on cherchait des pêcheurs, se rappelle Doug Buckley, un pêcheur de Hay River. L'Office de commercialisation du poisson d'eau douce (OCPED) l'avait aussi annoncé. C'est bizarre, parce qu'habituellement, on ne fait pas de promotion à l'extérieur. Mais c'est juste de la politique. [Doug et ses frères sont] la troisième génération, [ils continuent] à pêcher. Les nouvelles générations ne viennent pas. »
En entrevue avec Meagan Wohlberg du Northern Journal, Shawn Buckley a déclaré qu'attirer plus de pêcheurs sans améliorer la façon dont on pêche pourrait mettre certaines espèces en péril, comme l'inconnu.
L'idée laisse le député de Hay River Robert Bouchard dubitatif. « Je sais pas si on devrait aider de nouveaux gars de l'Alberta ou d'ailleurs, dit-il. S'ils viennent ici, ils devraient déjà avoir leur équipement. » La NWT Fishermen Federation n'a pas fait connaître sa position officielle sur l'attraction de main-d'œuvre.

Marché intérieur
Comme le pêcheur de Yellowknife Rob Lang, Doug Buckley est pour la campagne de promotion du poisson local. « Aujourd'hui, dit-il, on est tous obligés de vendre du poisson localement. Quand on vend à l'Office de commercialisation du poisson d'eau douce, c'est lui qui fait les profits. »
Le gouvernement ténois investit 35 000 $ dans sa campagne de promotion. Il y aura de la publicité dans les médias, des affiches, des dépliants publicitaires des décalques et un concours de recettes où les participants pourront gagner des filets de poisson.
En attendant le lancement de cette campagne, le GTNO cherche à utiliser son Northern Food Developpement Program pour financer la distribution de poisson autour de Hay River et dans le Beaufort-Delta.
Le gouvernement devrait-il bonifier ses programmes destinés à l'industrie de la pêche? Ceux-ci feront prochainement l'objet d'une nouvelle analyse, assure John Colford. Le député Robert Bouchard raconte qu'au fil des ans, il a seulement reçu quelques plaintes sur ces programmes, sur leur absurdité. « Il y a des choses du genre, explique-t-il, [comme le fait] que tu peux avoir du financement pour avoir de l'équipement si tu attrapes plus de poissons, mais que tu ne peux pas attraper plus de poisson si t'as pas cet équipement. »
Le ministre de l'Industrie, du Tourisme et de l'Investissement cherche une firme qui pourrait dessiner les plans d'une nouvelle usine de traitement de poissons à Hay River et évaluer ses coûts d'exploitation. Ce plan servirait à attirer des investisseurs pour l'usine, pour laquelle le GTNO est prêt à investir 1,5 million de $ des 3 millions de $ nécessaires. L'OCPED, qui reçoit des TNO le poisson destiné à la vente à l'extérieur du territoire, ne s'est pas montré intéressé jusqu'à maintenant.
Une nouvelle usine est-elle la solution ultime? « Le prix qu'on a pour le poisson n'est pas suffisant, affirme Doug Buckley, et ça, le gouvernement le sait. Plus tu travailles, plus ça te coûte cher, disons-le comme ça. »