Mine Giant : Assainir progressivement

09 juillet 2012
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Le gestionnaire de projet de l'équipe d'assainissement de la mine Giant, Adrian Paradis, a fait le point sur la situation de l'ancien site minier. (Photo: Charles-Antoine Bélair)

Le gestionnaire de projet de l'équipe d'assainissement de la mine Giant, Adrian Paradis, a fait le point sur la situation de l'ancien site minier. (Photo: Charles-Antoine Bélair)

L’équipe du projet d’assainissement de la mine Giant fait part des récents progrès de décontamination.

C’est encore loin d’être terminé, mais les choses progressent sur le site de la mine Giant, à l’extérieur de la ville de Yellowknife.
La mine est fermée définitivement depuis 2004 après que des chercheurs ont constaté qu’entre son ouverture en 1948 jusqu’à sa fermeture en 1999, du trioxyde de diarsenic s’était formé dans les souterrains lors du processus de transformation des métaux d’or.

Et on ne parle pas seulement d’un peu de cette substance toxique, mais bien de 237 000 tonnes contenues dans la poussière des galeries minières, si bien que la mine Giant est devenue le deuxième site le plus contaminé au Canada.
« Ce que nous devons faire, c’est de remédier à la situation rapidement plutôt que tardivement, croit le gestionnaire de projet Adrian Paradis. Nous poursuivons toujours les évaluations environnementales. Mais nous allons arriver à un point où nous devrons chercher comment accélérer le processus. »
Ce n’est assurément pas une tâche facile que de nettoyer complètement la mine Giant pour décontaminer les sols et les eaux pollués par l’arsenic au cours du demi-centenaire de son existence.
Le trioxyde de diarsenic est une particule solide sous forme de poussière qui a été recueillie et confinée dans dix chambres et cinq gradins épuisés des anciens chantiers d’exploitation.
Mais même si le trioxyde de diarsenic peut être utilisé à des fins commerciales, celui contenu dans la mine Giant n’est pas assez pur pour cette solution. Il est donc impossible de le déplacer, surtout en raison de sa gigantesque quantité.

Gelé en permanence
Devant l’impossibilité de déplacer la poussière toxique et de s’en débarrasser, l’équipe du projet de décontamination a opté pour une autre solution : la confiner en permanence dans des cavités de la mine.
Ainsi est apparue la méthode des blocs congelés, qui consiste à piéger les particules de trioxyde de diarsenic dans les chambres en gelant en permanence les issues.
Pour faire une comparaison bien simple, c’est un processus qui s’approche de la méthode de congélation qu’on peut retrouver dans n’importe quel aréna.
Une installation de congélation en surface est raccordée à des canalisations souterraines pour congeler la roche et l’eau qui peuvent se trouver à proximité sous les chambres et les gradins, puis des thermosiphons aident à congeler le sol, mais surtout à le maintenir congelé, même en été alors que la température aurait normalement dégelé la roche et l’eau.
« L’utilisation de cette méthode de congélation réduirait la facture des contribuables d’environ 200 000 dollars », affirme Adrian Paradis.
Une autre activité de nettoyage consiste aussi à interrompre le déversement d’eau dans le ruisseau Baker, qui est traitée actuellement, pour détourner le cours d’eau des chambres de stockage d’arsenic.
Une nouvelle usine d’épuration traitera l’eau contaminée, qui sera extraite des chambres et des chantiers qui contiennent la poussière toxique.
La seule entrave au projet est la route territoriale Ingraham Trail qui passe au-dessus de certaines cavités.
« La proximité de la route est un facteur qui vient compliquer les choses, souligne le gestionnaire de projet. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest se doit de fermer ce tronçon de la route et bloquer l’accès au public pour que nous puissions aller de l’avant. »

Fuite d’hydrocarbure halogéné
Avant même de se soucier de la fermeture du tronçon de l’Ingraham Trail près de la mine Giant, l’équipe d’assainissement a fait face à un autre problème, le 28 juin.
Une basse pression a été constatée sur le condensateur de son système de congélation après qu’une fuite d’hydrocarbure halogéné réfrigérant aurait eu lieu.
Il n’y aurait toutefois eu aucune contamination du sol puisque tout se serait envolé dans l’air.
Par mesure de sécurité, le système a dû être complètement arrêté pour qu’un spécialiste de réfrigération puisse inspecter les lieux et ne sera pas rouvert avant que l’enquête ne révèle la source de la fuite pour qu’elle puisse être traitée.