Dossier spécial gazoduc : Aspect technique

06 janvier 2011
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Photo: David Gratton

Photo: David Gratton

Le projet du gazier du Mackenzie (PGM) consiste à construire un gazoduc de 1196 km traversant les Territoires du Nord-Ouest pour acheminer, jusqu’à la frontière avec l’Alberta, du gaz naturel provenant de trois champs gaziers terrestres développés à l’extrémité nord du delta du Mackenzie. Ces trois champs, découverts au début des années 70, appartiennent à quatre pétrolières multinationales : L’Impériale (34,4 %), ConocoPhillips (15,7 %), Shell (11,4 %), et ExxonMobil (5,2 %).

Dès l’an 2000, un cinquième partenaire, le Aboriginal Pipeline Group, s’est joint au consortium pour détenir 33,3 % de parts d’intérêts du PGM. Le champ Taglu est présenté comme celui ayant la plus importante réserve de gaz avec 81 milliards de mètres cubes (G.m3). Il appartient entièrement à L’Impériale. C’est ce champ qui est situé dans les limites du refuge d’oiseaux de l’Île-Kendall. Parsons Lake représente la seconde réserve en importance de ce projet avec ces 64 G.m3. Ce site sera développé par ConocoPhilips (75 %) et ExxonMobil (25 %). Niglintgak, le troisième champ gazier, est détenu par Shell et contient 27 G.m3 de gaz brut. Les promoteurs estiment que la production de ces 172 G.m3 s’échelonnera sur 25 à 30 années.  Le projet dont les promoteurs ont reçu l’approbation comprend trois stations de compression et une station de chauffage, et permet de livrer 34,3 millions de mètres cube par jour (Mm3/j) soit 1,2 milliard de pied cube par jour de gaz naturel en été et 38,4 Mm3/j (1,35 Gpi3/j) en hiver.

Le projet comprend donc les structures nécessaires pour exploiter la ressource sous-terraine, les camps de travailleurs, les sites d’entreposage des matériaux, les routes, toutes les autres infrastructures associées à la construction du gazoduc de 1196 km de 76,2 cm (30 pouces) de diamètre et d’un autre gazoduc de 457 km. À la hauteur d’Inuvik, le gaz brut sera en effet raffiné en gaz naturel (principalement de l’Éthane) et en gaz liquide (Butane et Propane en majorité). Le gaz liquéfié sera acheminé jusqu’à Norman Wells par ce second gazoduc de 25,4 cm (10 pouces) de diamètre, où il sera connecté à un oléoduc déjà relié au marché nord-américain depuis 1985 et administré par la compagnie Enbridge. Grâce à ce pipeline d’hydrocarbure liquide, il est possible de transporter alternativement du pétrole et du gaz liquide au sein des mêmes canalisations. Les producteurs d’hydrocarbures qui exploiteront le delta du Mackenzie paieront des droits à Enbridge pour faire transiter leurs ressources jusqu’au nord de l’Alberta.

Le long de sa progression vers l’Alberta, il est prévu que le PGM traverse 643 plans d’eau. Dans la majorité des cas (576), l’installation du gazoduc à travers ces cours d’eau se fera de la même façon que sur le reste du parcours, c’est-à-dire à ciel ouvert, alors qu’une tranchée sera creusée dans un lit à sec ou gelé pour y enfouir le pipeline entre 60 et 90 cm de profondeur. Dans le calendrier de construction, trois saisons hivernales sont planifiées pour la pose des canalisations. Pour 50 plans d’eau, la tranchée sera creusée après avoir détourné l’eau grâce à des barrages et des pompes, et pour les 17 qui restent c’est un forage directionnel à l’horizontale qui sera utilisé pour creuser plus profondément un tunnel sous le cours d’eau afin d’y insérer le pipeline.