Je me disais que de petites nouvelles sur les déplacements en avion
constitueraient un bon sujet de chronique. Ce que je m'empresse de faire
aujour-d'hui.
Vendredi soir, à 18 h, je me suis précipitée de la maison à l'aéroport pour
prendre un avion qui décollaitŠen principe à 20 h.
Première surprise. Je suis vraiment trop de bonne heure. On nous dit
d'arriver deux heures à l'avance. Il semble que je sois la seule à avoir
compris ça. Donc, je suis la première arrivéeŠdonc première servie. L'agent
de bord au comptoir me rassure sur mon arrivée hâtive.
Comme j'ai acheté mon billet le jour même des événements catastrophiques
aux États-Unis, à l'agence de voyage, on n'a pas pu me donner mes cartes
d'embarquement au-delà de Yellowknife. Je demande donc à l'agent de bord de
me faire mes cartes jusqu'à Québec, lieu de destination de mon périple.
Impossible, me répond-elle. Elle m'explique qu'elle n'a pas accès à
l'ordinateur d'Air Canada, mais d'attendre qu'un autre agent de bord qui a
accès essaye. Cette personne essaie à son tour de me procurer les cartes
d'embarquement en question : impossible. Je dois donc me résigner à aller
chercher mes bagages, à Edmonton, à refaire la queue, et à m'enregistrer à
nouveau. La chose m'embête, comme vous pouvez bien vous en douter. Avoir
su, j'aurais emporté une valise plus petite, bien que celle que j'ai prise
n'est pas très grosse. Je me prépare donc à attendre deux heures dans un
aéroport désert (il est 18 h 15), où le restaurant est ferméŠcomme
d'habitude. Je me demande quand il est ouvert, mais ça, c'est une autre
histoire.
Au bout d'une heure à regarder les nombreuses (Š) vitrines dans la salle
des cent pas, je repasse devant le moniteur qui annonce les départs. Quoi?
Je rêve. Mon avion est retardé de 80 minutes. Le départ est reporté à 21 h
10. Bon, je me résigne. Attendre ici ou à Edmonton, la différence n'est pas
si grande. Par contre, mon temps pour courir pour attraper mes bagages
vient de raccourcir. Il suffit qu'il y ait un embouteillage à l'aéroport
d'Edmonton, et je suis cuiteŠenfin pas vraiment. Il me reste 2 heures de
délai pour attraper mon vol pour Toronto. Je me précipite pour récupérer ma
valise et je vais me mettre en ligne pour mes cartes d'embarquement. Ouf!
La queue n'est pas trop longue. À peine une dizaine de personnes devant
moi. Par contre, seuls deux agents travaillent. Mais j'ai deux heures.
Soyons patient, même s'il ne s'agit pas là de la qualité qui nous
caractérise le plus!
Mon tour vient enfin. La dame au comptoir me demande où je vais. Québec,
que je lui réponds. Elle m'explique que je vais devoir aller chercher ma
valise de nouveau à Toronto. Sur mes protestations véhémentes, elle me
suggère de prendre ma valise dans l'avion avec moi, ce qui m'évitera de
sortir du périmètre de sécurité, à Toronto. Au moins, un point de gagné.
Puis, elle m'explique qu'elle ne peut m'assigner de siège. Il faudra que je
passe la sécurité et que j'aille une fois de plus faire la queue pour
prendre ma carte d'embarquement. Elle ne peut me garantir si on pourra me
donner ma carte pour Québec, de Toronto, ou s'il faudra que je courre à
nouveau pour ça. Je me dirige donc vers la sécurité, prête à affronter les
fouilles en questionŠ surtout que j'ai ma grosse valise avec moi. Je pose
le tout sur le tapis de sécurité, et la fouille se fait dans le temps de le
dire. Le temps d'attente que je craignais le plus, question temps, n'a pris
que quelques secondes. Il faut dire qu'il n'y avait pas de file d'attente.
Je vais donc au comptoir d'Air Canada et le préposé me procure illico ma
carte entre Toronto et Québec. Par contre, pour ma carte entre Edmonton, je
dois attendre. Mais de visu, je constate que j'en aurai une. Par contre, à
savoir où je serai assise, c'est une autre histoire. Pas question d'avoir
un siège que j'aime, soit dans l'allée, le plus en-avant possible. En
effet, au moment d'embarquer, je réalise, sans grande surprise, que je suis
tout en arrière de l'appareil, coincée dans le siège du milieu. Mais bon!
Je fais contre mauvaise fortune bon c¦ur, et je me résigne. Après tout,
j'aurais pu ne pas partir. Il aurait pu y avoir un retard considérable
(l'avion ne part qu'avec quelques minutes de retard et le temps de vol est
moins long que prévu) qui m'aurait fait manquer ma correspondance pour
Québec. Je peux relaxer. Le film n'est pas bon (ce qui ne change guère de
l'habitude) et je ne réussis pas à dormir. Je ramasse mes coudes près de
moi, pour ne pas les enfoncer dans mes voisins, et je poursuis la lecture
de mon livre du dernier livre de Marie Laberge, Adélaïde. Au moins, la
lecture est assez passionnante pour me faire oublier toutŠou presqueŠ J'ai
eu beaucoup d'émotions. J'ai dû courir plus que d'habitude pour obtenir mes
cartes, mais je n'arrive pas plus tard à mon point d'arrivée. Je suis
contente. Je n'ai pas envie de changer ma vie en raison des terroristes. Ma
première envolée s'est effectuée, tous comptes faits, sans trop
d'anicroches. Je vais continuer à prendre l'avion. Et je ne suis pas la
seule : tous les avions pris ce soir-là étaient bondés. Donc, les Canadiens
se déplacent toujours (faut dire que c'est une longue fin de semaine, mais
quand même). Donc, armez-vous de patience, mais si vous avez suffisamment
de temps entre deux avions, tout devrait bien se dérouler. Finalement, ce
n'est pas tellement changé, sauf que tout prend plus temps, et pas tant que
ça. Je ne vous ferai pas part de mon retour, à moins d'un incident
particulier.