Le Grand Déversement : Anecdote

30 juin 2000
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J'avoue que les nuages gris auraient dû me dissuader d'aller au concert du Grand Dérangement, qui ne s'est pas déroulé à Yellowknife le 23 juin dernier. Malheureusement, je n'ai pas écouté ma conscience, travail oblige. Les signes prophétiques étaient pourtant devant mes yeux.

D'abord, il y a le chat de Fernand et Joanne Denault. Ce matou orange et cornu voulait avant tout me montrer qu'il m'arriverait un grand malheur si j'osais accompagner ses maîtres vers la scène de Folk on the Rocks. Après s'être légèrement laissé flatter, il a osé pisser sur mon sac contenant mes notes. Ma colocataire, Suzanne, se levait du banc sur lequel nous étions assis à l'instant où le gros minet a commencé à marquer son territoire. Elle a été projetée par terre sous les cris perçants de Joanne. Le chat a pris la fuite. Il a été vu pour la dernière fois à l'endos d'une boîte de lait.

Joanne a rapidement fondu en sanglots, tout en éclatant de rire, en voyant la trace que son chat a laissée sur mon sac. Elle m'a prêté un torchon et du savon pour nettoyer le dégât. « T'as de la chance! », s'est exclamé Fernand. « T'as passé le pire moment de ta soirée ». Plus tard, Fernand me donnera un sévère avertissement contre les certitudes. Sage conseil, puisque je me moquais de son parapluie. Je pensais que c'était pour le matou.

Après notre courte randonnée en camion, rendus au site, le ciel s'est mis à nous tomber sur la tête. Je n'arrêtais pas de me dire que ce n'étais pas grave, que la deuxième goutte me tomberait dessus lorsque la première aurait séché. Il ne pleut jamais à Yellowknife, me suis-je dit. Je crois que c'est la grêle qui m'a fait réaliser que le concert était à l'eau. C'était le grand déluge venu accueillir le grand déversement. La foule cherchait un abri pour se réfugier du torrent qui nous fouettait de toutes ses forces.

Les musiciens cherchaient à couvrir leurs instruments, à les protéger du déluge. Le concert était annulé. Moi, j'ai pris la fuite, comme un lâche, avec Fernand et compagnie. Nous étions trempés jusqu'à l'os. Mes godasses inondées me donnaient l'impression que j'étais un « frog » dans un étang la veille de la fête de la Saint-Jean. Depuis cette date, elles n'ont plus la même odeur.

Heureusement, ce cher Fernand a trouvé les mots pour remonter le moral. « J'ai dit à Daniel Auger, que c'était le Bon Dieu qui nous punissait. Il voulait nous dire qu'il était grand temps que nous ayons un centre communautaire ».

Plus tard dans la soirée, je suis allé voir les membres du groupe au Broadway. C'était pénible, puisque les danseuses étaient assises. À quoi sert une danseuse si son postérieur est fixé à une chaise ? Enfin, j'ai terminé la soirée rocambolesque au Gold Range. Au moins là-bas, rien d'imprévu n'est survenu.
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