Aide humanitaire : Aide à Haïti

02 mai 2013
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Le groupe de Yellowknifiens en action, alors qu’il s’activait à placer des pierres dans les cages de métal. (Crédit : Jean de Dieu Tuyishime)

Le groupe de Yellowknifiens en action, alors qu’il s’activait à placer des pierres dans les cages de métal. (Crédit : Jean de Dieu Tuyishime)

Un groupe de dix Yellowknifiens a quitté la capitale des Territoires du Nord-Ouest, du 8 au 17 avril dernier pour voyager à Haïti et offrir de leur temps à la communauté.

Jean de Dieu Tuyishime, un des francophones qui a pris part à l’aventure, a raconté son expérience.

Il s’agissait d’un voyage de dix jours réalisé et organisé par Canadian Baptist Mission qui est affilié avec Calvary Church. Ces derniers ont proposé aux gens d’aller donner de leur temps et de faire de l’aide humanitaire à Haïti. En tout, dix personnes se sont engagées dans ce séjour au pays où le français est majoritairement parlé.

Au départ, le groupe n’avait pas de mission officielle, il a donc cherché un organisme non gouvernemental installé là-bas. De plus, il en a trouvé un qui était relié à la construction de maison pour les gens qui n’ont plus d’habitat, suite au tremblement de terre survenu en janvier 2010. Donc, ils se sont alliés avec Conscience internationale. Bien qu’ils n’avaient pas d’aptitudes en construction, la chose qu’il désirait faire était d’aider. Monsieur Tuyishime a laissé savoir que « nous n’étions pas là pour changer le monde, nous devions plutôt effectuer ce que l’on nous demandait de faire », soulignant qu’on leur a même demandé d’agir en cuisine.

Lors du voyage, ils sont arrivés à Grande Gôave, situé à 52 km de Port-au-Prince. Ils ont vécu sur le site de Conscience international, un endroit où ils rangent les matériaux et les automobiles. En annexe, il y avait des salles communes, soit des dortoirs disposés pour les volontaires.
Aussi, ils avaient un horaire quotidien à respecter. Tous les jours, ils assignaient les bénévoles sur des sites de travail qui variaient d'un jour à l'autre. Dans chaque équipe, il y avait un Haïtien responsable de les guider et en mesure de parler créole, français, et anglais.
Monsieur Tuyishime a raconté que la première journée, ils se sont rendus sur un site où ils ont construit les fondations d’une maison. La cohorte de Yellowknife a travaillé à monter des cages qu’ils déposaient sur les quatre coins de la fondation et celles-ci devaient être remplies avec des pierres. Après avoir mis toutes ces roches dans les murs, ils ont renforci le tout en ajoutant du ciment autour de la cage et quand tout était lisse, ils mettaient la toiture. Ce type d’infrastructure a été qualifié comme étant censé être plus solide et résistant aux intempéries en cas de catastrophes naturelles. Contrairement aux sites construits antérieurement pour que les gens aillent habiter là, il s’agissait de terrains situés en campagne et les personnes étant éligibles devaient avoir perdu leur maison après le séisme, prouver que le terrain leur appartenait ainsi que posséder une famille de trois personnes. Au total, ils ont aidé sur cinq sites.

Situation actuelle en Haïti
Trois ans après la catastrophe naturelle survenue en janvier 2010, la situation dans le pays est encore chaotique. Monsieur Tuyishime a commencé le tout : « Je ne sais pas à quoi cela ressemblait avant, car c’était ma première fois en Haïti, mais une chose qui m’a beaucoup surpris, c’est de voir qu’après trois ans, il y a beaucoup de personne qui sont toujours dans des tentes », ajoutant que c’est beaucoup le cas dans la capitale, Port-au-Prince. Il a été déçu de constater de voir que les ruines sont encore présentes dans la capitale et qu’il n’y a pas beaucoup de chose qui a été faite, malgré les sommes généreuses offertes en aide pour la reconstruction.
C’est suite à une initiative personnelle que Jean de Dieu Tuyishime a décidé de partir donner de son temps à Haïti. « Je me disais toujours, moi je viens d’un pays aussi pauvre, le Rwanda et nous avons aussi eu des problèmes de guerre, de génocide et je sais ce qu’est un pays qui est à terre et à quoi ça ressemble ». Il souhaitait aller dans un autre pays et voir ce qu’il pouvait faire.

Sur le plan personnel, il a avoué que cela lui a ouvert les yeux pour se dire combien chanceux il est et qu’il a réalisé qu’il faisait du « gaspillage ». Il a avoué que ça lui a permis de revoir ses priorités et de créer des contacts avec les gens là-bas, malgré qu’il savait que leur visite n’allait pas changer le monde.