Société : Agriculture pour tous

19 juillet 2012
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Un sondage est mené auprès de la population ténoise pour connaître l’intérêt des gens envers l’agriculture urbaine.

Ce n’est un secret pour personne : l’agriculture de grande surface est très limitée aux Territoires du Nord-Ouest.
Avec un sol composé principalement de roches, rares sont les endroits où il est possible de faire pousser des plantes.
La plupart des gens doivent aller à l’épicerie pour se procurer des produits de la terre, qui sont importés du sud du Canada et d’ailleurs dans le monde.
Mais il y a tout de même certaines personnes qui utilisent le maximum d’espace qu’ils peuvent pour cultiver des fruits et des légumes chez eux, se procurant des plates-bandes les plus grandes possible ou s’improvisant des serres dans leur cour arrière.
Cette façon de cultiver des plants est appelée agriculture urbaine et, contrairement à l’agriculture commerciale qui produit massivement, apporte des récoltes presque uniquement à celui qui les cultive.
« Je pense que l’agriculture urbaine est très souvent ce que l’on fait aux Territoires du Nord-Ouest, affirme France Benoît, qui cultive ses propres légumes. Il y a une façon de complémenter son alimentation. J’habite en dehors de la ville, mais je suis sur la roche, alors l’agriculture que je fais est à partir de gros contenants, de plates-bandes et un jardin peu profond. »

Rentabiliser les espaces libres

Ce n’est pas un secret non plus que les réserves de nourriture dans les épiceries sont plus limitées en raison du temps plus long d’arrivage de nouveaux produits et que souvent, les derniers jours avant une nouvelle livraison, il ne reste plus grand-chose sur les étagères.
C’est là qu’intervient l’agriculture urbaine puisqu’elle permet aux gens qui en font d’avoir accès plus facilement à certains aliments en les faisant pousser dans leur jardin.
Une étudiante ténoise, Amy Lizotte, termine actuellement sa maîtrise à l’université Royal Roads et a décidé de mener un sondage auprès de la population pour connaître leur avis sur la possibilité d’accroître l’agriculture urbaine jusqu’à la rendre commerciale localement.
« Le sondage sert aussi à savoir si des consommateurs seraient prêts à payer pour avoir des produits maraîchers locaux, donc de payer un surplus pour ces produits, explique France Benoît. Ou encore de savoir si les gens seraient d’accord pour partager l’espace qu’ils ont chez eux et qu’ils n’utilisent pas, qui pourrait être utilisé par quelqu’un d’autre. »
La francophone mentionne l’exemple d’un jeune homme de Kelowna, en Colombie-Britannique, qui a signé des ententes avec des voisins pour utiliser une partie de leur terrain pour faire de l’agriculture.
Ainsi, il est capable de fournir une part du marché local tout en gardant une part des récoltes pour lui et pour les gens qui ont prêté leur terrain.

Inspirer les autres

Justement, l’idée de développer le marché local est un projet qui pourrait avoir lieu à Yellowknife si les gens démontrent un intérêt envers l’agriculture urbaine.
Chaque producteur maraîcher pourrait avoir sa propre spécialisation de légume ou de fruit qu’il ferait pousser à certaines périodes de l’année.
France Benoît croit qu’elle aurait la possibilité d’offrir de la laitue tôt dans l’été grâce à ses serres.
Déjà, le fait de cultiver soit même sa nourriture dans son jardin a un avantage monétaire à la fin de l’été.
« Dans un été, je peux produire pour 1 000 dollars de nourriture pour moi, estime la francophone. Je calcule chaque gramme de ce que je produis, puis je vais à l’épicerie et je compare les prix. Donc en fait, si j’arrêtais de faire cela, dans le fond, c’est comme si je perdais 1 000 dollars. »
Mais en plus, en développant un marché local, l’agriculture urbaine ne servirait plus uniquement à répondre à des besoins individuels, et ferait rouler l’économie locale.
Le sondage d’Amy Lizotte est disponible en ligne sur le site Web http://fluidsurveys.com/s/urbanfarmsurvey/.
La population ténoise pourra également consulter son rapport final, elle espère ainsi intensifier le débat et accroître les actions posées quant à la production de nourriture locale.