Le traité 8 suspend ses négociations : Affaires autochtones

11 juin 1999
0 Commentaire(s)
Depuis deux mois, les chefs des Premières Nations du traité 8 d'Akaitcho ont décidé de renforcer leur position et d'interrompre toutes négociations avec le gouvernement fédéral.

Devant la persistance du gouvernement territorial à vouloir agir comme tierce partie, les nations autochtones membres du traité 8 ont décidé d'interrompre leurs négociations avec le gouvernement fédéral.

Les nations autochtones utilisent le moratoire pour exercer une pression sur le fédéral en s'opposant à tous projets de développement économique ainsi qu'à l'émission de permis d'exploitation des ressources.

«Nous nous opposons, par exemple, au projet Diavik ainsi qu'à l'exploitation de deux ou trois nouveaux sites de diamants appartenant à la compagnie BHP », explique le chef de N'Dilo, Fred Sangris.

Pour le chef de Dettah, Jonas Sangris, l'émission de permis sans le consentement des Premières Nations d'Akaitcho équivaut à une violation du traité 8 et est un signe de mauvaise foi de la part du gouvernement fédéral.

Rien n'a bougé depuis janvier 1998, alors que la ministre des Affaires autochtones et du Nord canadien, Jane Stewart, avait affirmé que toutes les cartes étaient mises sur table pour pouvoir conclure l'entente de principe entre le gouvernement fédéral et les premières nations du traité 8 d'Akaitcho.

«Quatre-vingt-dix pour cent de l'entente est réglée, la seule anicroche est l'insistance du gouvernement fédéral à vouloir inclure le gouvernement territorial dans les négociations », souligne le chef Fred Sangris.

Ainsi, depuis plus d'un an, les chefs du traité 8 s'obstinent avec Ottawa afin d'exclure le gouvernement territorial des négociations les menant vers une entente de principe sur leur revendication territoriale et leur autonomie gouvernementale.

« Le traité 8 considère que le gouvernement fédéral n'agit pas de bonne foi en insistant pour que le gouvernement territorial agisse comme tierce partie dans l'entente », a indiqué le chef Jonas Sangris,«puisque c'est le fédéral qui représente la Couronne, la présence du territorial n'est aucunement justifiée. »

Quant au premier ministre, Jim Antoine, il souhaite que le rôle du gouvernement territorial soit bien déterminé dans les négociations concernant l'autonomie gouvernementale.

«Le danger est que si le gouvernement territorial fait partie des négociations sur l'autonomie gouvernementale, le pouvoir et l'argent risquent d'être concentrés à Yellowknife et les Premières Nations ne recevront rien», indique le chef de la nation dénée, Bill Erasmus.

Le chef Erasmus déplore aussi le fait que l'accord de Charlottetown qui explique clairement que toutes négociations entre Ottawa et les Premières Nations devraient se faire de manière bilatérale, ne soit aucunement respecté.

Enfin, cet été la négociation du traité 8 franchira sa centième année. «Nous sommes fatigués des compromis, nous souhaitons de tout coeur faire avancer les négociations », conclut M. Sangris.