Sexualité : Ado, amoureux et sain

10 avril 2014
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Gabrielle Moncion (Photo : Denis Lord)

Gabrielle Moncion (Photo : Denis Lord)

43 % des victimes de violence conjugale ont entre 15 et 24 ans
 

Dans le cadre de la Semaine de sensibilisation aux victimes d'actes criminels, la sexologue-éducatrice Gabrielle Moncion a donné aux écoles Boréal, Allain Saint-Cyr et Saint-Patrick des ateliers sur la violence dans les relations amoureuses à l'adolescence, une initiative de la Fédération franco-ténoise.
Cela pourrait surprendre les gens déconnectés de l'adolescence mais, oui, il existe une vie amoureuse et sexuelle alors qu'on peut encore être à apprendre l'algèbre et la grammaire. De façon générale, l'âge minimum pour avoir des relations sexuelles est 16 ans. Mais, elles ne doivent pas avoir lieu avec un individu plus âgé, en position d'autorité, d'exploitation ou de confiance. À 12 et 13 ans, un adolescent peut avoir une relation sexuelle avec une personne n'ayant pas plus de deux ans d'ainesse, et à 14 ou 15 ans, il ne doit pas y avoir plus de cinq ans de différence.
Et ces relations sexuelles ne sont pas exemptes de violence. Selon Statistiques Canada, 43 % des victimes de violence conjugale ont entre 15 et 24 ans et, entre 1998 et 2007, le taux de conjointes de cette tranche d'âge tuées par leur partenaire était trois fois supérieur au taux de toutes les femmes victimes d’un homicide aux mains de leurs conjoints. Aux États-Unis, selon le site Loveisrespec.org, au secondaire, 1,5 million d'adolescents sont chaque année victimes de violence physique de la part d'un partenaire.
« Oui, il peut, même à l'adolescence, y avoir de la violence dans les relations amoureuses, souligne Gabrielle Moncion, qui donne les ateliers dans les classes de 7e à 12e année. Et parfois, les jeunes ne savent même pas que c'est de la violence. Alors je leur explique ce que ce qui est sain et ce qui n'est pas dans une relation amoureuse. »

Les formes
Dans ses ateliers, Gabrielle Moncion met en relief les différentes manières dont la violence peut s'incarner : physique, psychologique, mais aussi économique, lorsque, par exemple, le conjoint ou la conjointe prend le contrôle exclusif de l'argent de sa victime et s'en sert pour la contrôler. Le contrôle, le pouvoir, voilà des notions clés, qui peuvent parfois passer par le fait d'isoler la personne de ses amis et de sa famille, pour mieux asseoir son emprise sur elle. Du côté psychologique, l'agresseur peut utiliser, parfois par le biais des médias sociaux, le chantage émotif, le contrôle par les insultes, le dénigrement. « Tout ça, de dire Gabrielle, peut occasionner une perte d'estime de soi, un sentiment de rejet. La personne peut se sentir coupable alors que c'est elle qui est agressée. » Dans son atelier, pour quelque aspect que ce soit de la vie de couple, la sexologue-éducatrice met de l'avant la notion, primordiale, de consentement. « Ça prend du consentement pour qu'une relation soit saine, dit-elle. Même si tu aimes ton chum, la violence sexuelle peut exister. » Gabrielle Moncion donne des pistes de solution aux personnes qui sont victimes, à celles qui connaissent des victimes, et aux agresseurs.