Pressions contre des journaux : APF : « Une atteinte directe à la liberté de presse »

L’Association de la presse francophone (APF) a pris la défense d’un de ses membres, Le Gaboteur, dont
l’intégrité journalistique est contestée par la Fédération des francophones de Terre-Neuve et Labrador (FFTNL).

 

Dans un communiqué du 4 décembre, le président Francis Sonier affirme que cette situation conflictuelle n’est pas unique. « L’APF déplore qu’à certaines occasions, les journaux membres ont été la cible de pressions indues de certains organismes communautaires, ce qui constitue une atteinte directe à la liberté de presse. »


Le président évoque des incidents survenus au cours des derniers mois visant trois membres. « Des gens nous ont contactés directement pour faire connaître leur perspective. Dans un cas, le porte-parole d’un organisme provincial m’a appelé. J’ai trouvé ça déplacé.


« Certains semblent croire à tort, souligne Francis Sonier, que leur journal communautaire n’est à toutes fins pratiques qu’un bulletin d’information pour leurs organismes. Comme tous les journaux, Le Gaboteur est un médium privilégié d’informations pour l’ensemble de sa communauté et il doit jouir de toute l’indépendance nécessaire pour faire son travail. »


Début novembre, la FFTNL a publiquement accusé le bimensuel d’être biaisé et déconnecté. « Ça ne nous dérange pas qu’il cherche des bibittes chez les organismes, explique la présidente Cyrilda Poirier. C’est que, ces dernières années, la communauté ne se reconnaît pas dans le journal, il n’est pas lu. »


L’organisme recommande à Patrimoine canadien de soumettre la subvention annuelle de 70 000 $ au journal à cinq conditions, dont la révision de sa mission et de sa politique éditoriale.


Qualifiant les critiques de « graves et mensongères », le journal a suspendu pour deux mois la publication afin de consulter ses abonnés et d’obtenir un avis indépendant sur ses pratiques éditoriales. L’octroi fédéral constitue 40 % de ses revenus.


« Sans cette aide, ce serait impossible de survivre, craint la directrice générale Jacinthe Tremblay. Même avec, les conditions sont extrêmement difficiles. » Elle est l’unique employée du Gaboteur, son équipe étant formée des pigistes faiblement rémunérés.


La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) se veut conciliante. « L’important, c’est de se rappeler que les journaux et les organismes communautaires ont le même objectif fondamental, estime la présidente Sylviane Lanthier : la capacité des francophones de vivre dans leur langue.


« S’il existe parfois des relations difficiles à certains endroits, alors parlons-nous pour voir comment on peut mieux travailler ensemble tout en respectant nos mandats respectifs. Faisons-le en nous rappelant que nous sommes tous là pour servir les francophones et les communautés ». 


Francis Sonier est l’éditeur du quotidien Acadie Nouvelle. « Les journaux sont le reflet de leur communauté. Ils parlent des bons coups, ils parlent des remises en question. C’est comme ça que les médias contribuent, ils poussent leur milieu à progresser.


« On demande aux organismes d’arrêter d’exercer des pressions sur nos membres, poursuit-il. On demande aussi à Patrimoine canadien d’aider les journaux financièrement pour qu’ils dépendent moins des organismes. »


Dans un mémoire du 27 octobre présenté par l’APF, l’Alliance des radios communautaire et le Québec Community Newspapers Association, les médias demandent au ministère des remèdes immédiats à dix années de coupures de publicités fédérales.


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