Développement économique : À la croisée des chemins

13 mai 2010
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La francophonie du Nunavut avance pour son territoire.

 

Le Carrefour Nunavut vient d’installer ses panneaux de signalisation, et avec ces nouvelles avenues francophones, c’est le développement économique de tout un territoire qui saura mieux s’orienter. Le Conseil de coopération du Nunavut est le dernier né des organismes francophones au Nunavut, et veut s’imposer comme un catalyseur d’initiatives vouées au développement économique nunavumiuq.

Établi en octobre 2009 et en action depuis janvier 2010, le Carrefour Nunavut s’est vu transférer la gestion du RDÉE Nunavut, antérieurement chapeautée par l’AFN (Association des francophones du Nunavut). Rapidement, des objectifs sont mis en place et visent le développement du tourisme, la formation et la construction d’un centre multifonctionnel à Iqaluit. « Selon le plan général à ce stade-ci, il y aura des bureaux pour plusieurs organismes francophones mais il y aura surtout un incubateur d’entreprises et une salle multifonctionnelle où l’on pourra tenir conférences et congrès ou offrir des spectacles »,  énonce Daniel Cuerrier, le directeur du Carrefour.

L’approche du Carrefour est de stimuler le développement économique de façon générale, avec un point de vue francophone. Ainsi, les services seront bien sûr offerts en français, mais également en anglais et en inuktitut. « On vise, d’ici une année, d’être capable d’offrir nos services dans les trois langues officielles du Nunavut », planifie Daniel Cuerrier, qui diffuse d’ores et déjà une infolettre en trois versions.

Pour celui qui demeure l’un des grands bâtisseurs de la francophonie nordique, le développement de la francophonie passe toujours par le développement plus large de la société. « Personnellement, et les membres de mon CA s’enlignent de la même façon, on ne croit pas que la francophonie puisse se développer en solo. On croit que si la francophonie a une raison d’être, elle doit aussi contribuer au rêve d’un Nunavut plus fort, plus solide et meilleur. »

Sur le plan du tourisme, Daniel Cuerrier admet que les trois territoires peuvent offrir un éventail de services similaires. Toutefois, il estime que le plus jeune territoire doit concentrer ses efforts autour des infrastructures et de la formation afin de mieux accueillir les touristes. « Au Nunavut, il y a un grand manque d’infrastructures, et un grand manque de gens compétents à offrir des services en tourisme. » Il explique que la première cible de ce programme de formation sera les familles inuites, car c’est bien pour découvrir la culture et le mode de vie des Inuits que les touristes anglophones ou francophones atterrissent sur l’île de Baffin ou sur la péninsule de Melville. « Il est juste et raisonnable que ce soient les Inuits qui entretiennent les touristes de cela. »

Au Nunavut, il y a très peu de francophones qui se spécialisent dans le tourisme, mais d’après Daniel Cuerrier, ce n’est que le reflet de la réalité nunavoise : il y a très peu de pourvoyeurs de services touristiques, contrairement aux TNO et au Yukon. Selon le directeur du Carrefour, cette constatation est partagée par Nunavut Tourism et le ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut, qui rappellent que les touristes n’ont que peu de services à la hauteur de leurs attentes fixées par les campagnes de publicité.

Pour le futur, Daniel Cuerrier croit beaucoup aux petits changements réguliers qui s’additionnent, mais ne pense pas que le Nunavut puisse offrir des services comme on le voit dans le Sud. Il a confiance que dans toutes les communautés, les villages, les hameaux  du Grand Nord, il y ait une ou deux compagnies en mesure d’accueillir de dix à vingt touristes par année, ce qui répondrait déjà aux besoins du territoire et des communautés.