Critique littéraire : 7 générations

08 décembre 2016
7 générations — 
Volume 1 
Un texte de David Alexander Robertson et des illustrations de Scott Henderson

7 générations — Volume 1 Un texte de David Alexander Robertson et des illustrations de Scott Henderson

Cette bande dessinée en quatre parties raconte l’histoire d’Edwyn, un jeune Autochtone d’une vingtaine d’années. L’histoire s’ouvre sur sa tentative de suicide. Sa mère Lauren réussit à le sauver de justesse en appelant les secours d’urgence.
 

Lors de sa convalescence, dans sa chambre d’hôpital tout comme à la maison, sa mère lui raconte l’histoire de sa famille sur sept générations, en commençant par celle de 1870.


Son ancêtre Pierre est en quête de vision afin de donner un sens, une direction à sa vie. Le grand frère de Pierre, Ours, meurt lors d’une bataille avec un autre peuple. Le but de sa vie deviendra la vengeance. Il n’aura de quiétude que lorsqu’il aura tué l’assassin.Retour sur Edwyn. Il cherche un sens à sa vie. Sa mère tente de lui redonner la force de continuer à vivre. Elle veut qu’il retrouve sa fierté d’être autochtone. Mais Edwyn a très mal digéré la fuite de son père James. Il les a laissés, lui et sa mère, alors qu’il était tout jeune. Il lui en veut énormément.


La deuxième histoire raconte l’épidémie de variole qui a décimé son peuple. Nuage Blanc, un autre de ses ancêtres, verra tous ses proches mourir un après l’autre de cette terrible maladie. Il trouvera la force de se battre et survivre, afin de poursuivre sa lignée. Malgré les malheurs et les vilains souvenirs, la mère porte un message d’espoir en lui faisant voir qu’il ne faut pas laisser notre passé nous définir.


La troisième partie s’ouvre sur le séjour de James et de son petit frère au pensionnat. On y parle des sévices qui y étaient commis envers les Amérindiens. Le petit frère de James mourra dans des circonstances tragiques qui laisseront une trace indélébile dans le cœur de James.


La dernière partie nous parle de James et son combat contre la dépression et l’alcoolisme. On y voit clairement qu’il essaie désespérément de revenir à la maison. Il aime sa femme et son fils, mais il est dominé par ses démons. Cela se termine sur une perspective plutôt heureuse, même si du travail restera à accomplir avant de souder à nouveau les membres de cette famille.


J’ai eu une petite déception quant aux dessins, car les pages couvertures des deux albums sont magnifiques. Le dessin à l’intérieur est en noir et blanc et beaucoup plus épuré. Malgré tout, il préserve l’intérêt et sert bien l’histoire. Pour ce qui est de l’histoire, il est bon de se rappeler de différents sévices qui ont eu lieu dans les pensionnats. Le devoir de préserver la mémoire afin que cela ne se reproduise plus y est essentiel.


Les retours continus entre le passé et le présent sont très cohérents et nous comprenons mieux pourquoi Edwin est si affligé par la vie. Par contre, je ne peux m’empêcher de noter qu’à la fin du texte, plusieurs aînés disent que les effets négatifs se répercuteront sur sept générations. C’est suggérer qu’il y a peu de possibilités de changement pour la génération actuelle, même si la conclusion nous parle du début de la guérison.
 


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