Francophonie : 20,8 M$ pour mettre en œuvre de services en français au gouvernement?

26 février 2015
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Richard Létourneau, président de la FFT (Photo: Denis Lord)

Richard Létourneau, président de la FFT (Photo: Denis Lord)

De grands progrès dans la consultation avec la communauté francophone.
 

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a demandé au fédéral d'augmenter de 1,9 M$ à 5,2 M$ sa contribution annuelle à la mise en œuvre de services en français aux TNO pour une période de quatre ans. C'est l'élément principal qui ressort d'une rencontre entre les principaux organismes francophones ténois et le ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Formation (MECF), Jackson Lafferty, le 19 février.
Des rencontres de consultation ministérielles sont prévues dans le cadre du Plan stratégique sur les communications et les services en français, mais c'était la première fois que les organismes francophones rencontraient le ministre Lafferty (pour une durée de 30 minutes), note le président de la Fédération franco-ténoise, Richard Létourneau, qui souhaite que cela devienne récurrent.
La totalité des montants investis par le gouvernement territorial dans la mise en œuvre de services en français provient du ministère du Patrimoine canadien. « Le fédéral s'est engagé à financer à perpétuité des services en français », note Richard Létourneau. Le budget de 5,2 M$ servirait à financer les services de traduction ainsi que la formation et l'embauche de personnel, comme des coordonnateurs de services en français pour chacun des ministères et organismes. Il ne comprend aucun fonds pour les organismes francophones.
Le ministre Lafferty a demandé à la ministre du Patrimoine canadien, Shelly Glover, un montant pour quatre ans à partir l'exercice 2014-2015. Les négociations sont en cours, la réponse pourrait arriver aussi tôt qu'avril prochain.


Suivi
Durant cette courte rencontre, les organismes francophones ont fait le suivi de leurs dossiers respectifs. M. Lafferty a fait savoir à la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest, représentée par sa directrice générale, Yvonne Careen, qu'il avait donné les instructions à son personnel pour aller de l'avant dans les négociations pour l'agrandissement d'Allain St-Cyr.
Le directeur général de l'Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), Étienne Croteau, a demandé au MECF que les programmes de subvention ténois qui peuvent soutenir la francophonie soient davantage adaptés à ses besoins. « Contrairement au fédéral, déplore Étienne Croteau, ses programmes de subvention sont très pointus et ponctuels et on ne peut aller s'y chercher de salaires, alors qu'à l'AFCY, la moitié de notre salaire provient de subventions. » M. Croteau a demandé au MECF de pouvoir présenter des projets s'échelonnant sur des périodes plus longues, dotées d'enveloppes budgétaires de l'ordre de 25 000 $ à 30 000 $ et comprenant une part de salaire. « Ils ont semblé favorables à cette demande », dit-il.
La FFT a demandé au MECF de continuer à financer le comité de coopération, qui fonctionne bien, et de continuer à utiliser les services des consultants Diane Adam et Léopold Provencher.

Progrès
Avec pourtant à l'arrière-plan un conflit qui sera peut-être porté en Cour suprême du Canada, les représentants de la francophonie ténoise se sont montrés satisfaits de la rencontre avec M. Lafferty et du climat général d'ouverture. « Je suis aux TNO depuis 32 ans, de dire le président de l'AFCY et du Collège nordique, Jean-François Pitre, et c'est la première fois que je vois le gouvernement ténois s'engager en dépassant son enveloppe budgétaire consacrée à la francophonie. » Lors de son allocution du 21 février, rappelle M. Pitre, la sous-ministre du MECF, Gabriella Eggenhofer, a dit que le gouvernement comprend que la communauté francophone est un gros avantage dans le Nord pour l'immigration et l'emploi. « Nous sommes très organisés », affirme fièrement M. Pitre.
« Il semble qu'il y a plus d'intérêt à négocier avec la francophonie, observe Yvonne Careen, même si la machine bouge lentement. Le gouvernement se rend de plus en plus compte que [la communauté francophone a] des outils, par exemple pour augmenter la population. »
Opinion partagée par Richard Létourneau, qui prône en même temps la patience, puisque le GTNO est dans une phase de développement de son appareil d'état et manquait auparavant de ressources pour donner des services en français. Le rapport entre francophones et gouvernement évolue pour le mieux, M. Létourneau en veut pour preuve une rencontre des sous-ministres, à la mi-février, où ont été invités le CDETNO et la FFT. Un des thèmes abordés était l'immigration.