Environnement : 100 personnes autour de 350 particules

29 septembre 2011
0 Commentaire(s)
Une danse du tambour a été célébrée autour du symbole 350 ppm, qui représente un mouvement mondial pour bonifier la qualité de l’air. (Photo : Maxence Jaillet)

Une danse du tambour a été célébrée autour du symbole 350 ppm, qui représente un mouvement mondial pour bonifier la qualité de l’air. (Photo : Maxence Jaillet)

Une danse autochtone pour un événement mondial.

 

Samedi 24 septembre, midi, les cloches d’une église de la capitale ténoise carillonnent, plusieurs dizaines de personnes s’attroupent autour d’un parachute posé sur le sol. Cinq Autochtones des collectivités de Dettah et N’Dilo entament une prière rythmée par leurs tambours. Puis c’est une danse de tambour, suivie par les vieux, les jeunes, les politiciens et les activistes… Piétinant en rythme, tous tournent autour de ce cercle blanc où un « 350 ppm » noir a été épinglé. La danse s’arrête, les participants lèvent la tête alors qu’un photographe perché sur un bras élévateur immortalise cette réunion.

La photo se retrouve maintenant parmi les milliers d’autres venant du monde entier. Depuis cinq ans, des actions créatives sont organisées dans le monde afin de montrer l’intérêt de la population à convaincre les politiciens d’agir pour réduire la pollution atmosphérique. L’organisme 350.org se base sur des recherches scientifiques pour insister sur le nombre 350 —qui en partie par million constitue le seuil limite de CO2 dans l’atmosphère toléré par la planète. Ces rassemblements actifs demandent donc que l’humanité réussisse à abaisser de 80 % la concentration de particules de carbone pour l´année 2050.

Bill Erasmus, le chef national de la Nation dénée, s’est lancé dans un discours dénigrant l’expansion de l’industrie des sables bitumineux. Il a témoigné que les Dénés, même s’ils ne parcourent plus autant leur territoire qu’avant, se rendaient bien compte des changements qui s’opèrent dans la nature. « Dans les lacs, il y a des roches là où nous n’en avons jamais vu avant. Le niveau de l’eau est extrêmement bas cette année. […] La raison de cela c’est que pour produire un baril de pétrole [en Alberta], il en nécessite quatre ou cinq barils d’eau. Nous disons qu’à notre époque ce ne devrait plus être comme ceci. Il devrait être possible de trouver une technologie qui pourrait faire qu’un baril de pétrole nécessite un baril d’eau », a clamé le chef autochtone.

Ainsi, durant cet événement voulant abaisser la quantité de gaz carbonique, et souligner l’importance d’une bonne qualité de l’air, peu de choses ont porté véritablement sur les Territoires du Nord-Ouest. Force est de constater que le grand air des villes nordiques reste pur en comparaison avec les grandes métropoles asiatiques ou indiennes. Une récente étude de l’Organisation mondiale de la santé a établi que l’air de Whitehorse, la capitale du Yukon, accusait une moyenne annuelle de seulement trois microgrammes de particules d'une taille égale ou inférieure à 10 micromètres (PM10) par mètre cube. Alors que la capitale de la Mongolie, Oulan Bator, présente une concentration moyenne annuelle de PM10 de 279 microgrammes par mètre cube et que Ahvaz, une ville Iranienne, est en tête de cette liste onusienne avec une moyenne annuelle des particules PM10 qui s'élève à 372 microgrammes par mètre cube.

Pourtant, le Nord avec ses centrales électriques dépendantes du diesel fait dire à Joshua Gagnon, le président de l’Association de l’administration des affaires du Collège Aurora, que les résidents du Nord se sentent impliqués dans les changements qui s’opèrent autour d’eux. « Un événement comme celui-ci dans le Sud attirerait des milliers de personnes. Ici, les gens se sont déplacés malgré la pluie et le froid. »