PROJET VERT L’AVENIR : Chronique d’écosurvie : Voiture et héroïne : deux noms, une même dépendance

08 octobre 2009
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Le site Web du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec nous dit que « La dépendance est un état physique et psychologique qui conduit la personne à consommer bien qu’il puisse en résulter des conséquences négatives pour elle-même ou pour son entourage1 ». Le Petit Larousse : « État, situation de quelqu’un, d’un groupe, qui n’a pas son autonomie par rapport à un autre, qui n’est pas libre d’agir à sa guise  : Dépendance financière ».

Ma question : Avez-vous une dépendance à votre voiture?

J’imagine que la plupart d’entre vous diront que non. C’est normal : l’étape la plus difficile est de reconnaître le fait d’avoir une dépendance. Pour ceux ou celles qui seraient tentés de sérieusement considérer la question, faites un test : la prochaine fois que vous avez à vous déplacer, n’utilisez pas votre voiture. Prenez note qu’une des stratégies de la personne atteinte d’une dépendance est de « commencer demain ».

Si vous avez réussi la première étape et que vous vous êtes déplacé aujourd’hui sans utiliser votre voiture, bravo! Si ça vous tente, passez un commentaire sur le site de l’Aquilon et dites-nous comment ça c’est passé. Puis, et c’est là que la comparaison avec les autres dépendances commence vraiment à prendre forme, recommencez l’exercice. Laissez votre voiture à la maison une autre fois, puis une autre et une autre, jusqu’à ce que l’envie de prendre votre voiture vous passe.

Si vous n’avez pas réussi à laisser votre voiture à la maison, vous pouvez toujours essayer demain. Mais il est fort probable que vous trouverez d’autres excuses valables afin de nourrir votre dépendance. N’oubliez pas que votre action peut « résulter en des conséquences négatives pour vous-même ou pour votre entourage ».

Voici quelques termes reliés à l’automobile : bruit, odeurs, vibrations, accidents, manque d’exercice physique, pollution atmosphérique, pollution des eaux et des sols, congestion, consommation d’énergie, encombrement du paysage, effets de coupure, consommation d’espace, fonctionnalisation de l’espace, stress, maladies cardio-vasculaires et respiratoires, effet de serre, pratique de la marche et du vélo difficile et risquée, dégradation de la santé publique, baisse de la productivité du travail, étalement urbain, etc.2 Mettez ces termes dans votre CV et allez vous chercher un emploi … bonne chance !

L’automobile est publicisée comme un objet de liberté, de luxe, même de bonheur. Il faudrait peut-être qu’on se réveille et qu’on la regarde pour ce qu’elle est vraiment. Bien sûr on la connaît comme environnementalement mauvaise. On se doute aussi que tous les pneus ne restent pas sur la voiture une foi qu’on la stationne. Mais un des aspects dont on parle peu est la « séparation physique qu’elle crée entre les gens, réduisant les rencontres sociales non planifiées qui sont un aspect important de la formation et de l’entretien du capital social au sein de l’environnement urbain3 ». Comme la télévision, la voiture nous sépare des autres.

En tant que bons canadiens, nous nous enorgueuillons d’être si braves et si intelligents. Pourtant, nous ne sommes même pas capables de voir le dommage que nous causons à travers nos actions au quotidien. Peut-être sommes-nous rendus alors à devoir mettre à l’œuvre une suggestion d’Amory Lovins : connecter le tuyau d’échappement de notre voiture directement à l’habitacle au lieu d’emboucaner les piétons.

La suggestion de lecture de la semaine:

Le livre The revenge of Gaia de James Lovelock.

Disponible sur le réseau des bibliothèques des TNO (333.7 LOV)

Vos commentaires sont toujours appréciés au www.aquilon.nt.ca

1 AMERICAN PSYCHIATRIC ASSOCIATION, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fourth Edition, DSM-IV. Washington, D.C: 1994.

2 http://antivoitures.free.fr/reduction_dependance_automobile.pdf

3 traduction libre de http://en.wikipedia.org/wiki/Automobile_dependency