Vie culturelle à Yellowknife : Une soirée d'exploration artistique excitante à Yellowknife

10 décembre 2009
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La Yellowknife Guild of Arts and Crafts et le groupe Yellowknife Quilters exposent des oeuvres. (Photo : Caroline Lafontaine)

La Yellowknife Guild of Arts and Crafts et le groupe Yellowknife Quilters exposent des oeuvres. (Photo : Caroline Lafontaine)

Vendredi, 17 h . La semaine est terminée. E-N-F-I-N! C’est rare que je dise ça, mais celle-ci a été particulièrement drainante. Depuis le mois de mars, je travaille avec une collègue et un groupe de consultants à la rédaction d’un rapport synthèse des 20 années de données sur plus de 600 contaminants potentiels dans la rivière Slave, et cette semaine, c’était le sprint final pour sortir le premier avant brouillon, the draft draft comme on l’a nommé (je travaille en anglais). Je prendrai le temps de vous entretenir sur la rivière Slave lorsque le rapport sera publié en 2010. C’est un sujet intéressant puisque cette rivière est le cours d’eau principal qui amène l’eau du sud, dont celle qui est en contact avec les exploitations de sables bitumineux, dans les Territoires du Nord-Ouest. Mais aujourd’hui je souhaite vous partager mon excitante soirée mondaine de vendredi dernier.

Première escale: vernissage de Rae Braden. Rae est une artiste de Yellowknife que j’ai connue cet été lorsque j’ai travaillé comme bénévole sur la grande murale de la Société d’art Aurora. Le programme d’art de l’École Sir John Franklin a ouvert la porte du Red Deer College à cette jeune artiste de 26 ans. « C’est là que j’ai appris à dessiner, à voir, à construire des choses balancées, j’ai touché à tout ce qui est technique » avoue-t-elle avec excitation pour l’expérimentation. C’est au Nova Scotia College of Arts and Design University d' Halifax cependant qu’elle a approfondi la gravure et le dessin. Ses pièces exploitent les détails du coeur du nord. Les formations géologiques, les lichens, les détails des couches de la terre, des ossements sont source d’inspiration pour cette femme qui superpose plusieurs techniques dans la plupart des oeuvres de son exposition intitulée « My big backyard ». « Je me sens chez-nous dans tous ces éléments et je veux les partager aux autres. Lorsque les gens aiment quelque chose dans une pièce, je suis heureuse. J’aime découvrir l’élément qui fait que je peux connecter avec l’autre et entrer dans sa perspective. » À en croire le nombre de personnes et les points rouges qui marquent la vente de ses pièces, le vernissage a été un succès.

Photo: « Ivvavik book », un livre conçu lors de sa résidence d’artiste dans le cadre de l’initiative de Parcs Canada « Artistes dans le parc Park National Ivvavik » à l’été 2008.

Deuxième arrêt. La Yellowknife Guild of Arts and Crafts et le groupe Yellowknife Quilters ouvraient les portes de l’École secondaire St. Patrick High School Rock pour quelques heures afin que la population puisse découvrir les travaux des membres. Pour certains, comme moi, c’était tout simplement l’occasion de découvrir une diversité de forme et de couleurs autant dans un médium que dans un autre: les fibres textiles et la terre cuite étant, bien entendu, à l’honneur. Pour d’autres, la visite était dédiée à identifier les cadeaux qu’on achèterait le lendemain quand les portes s’ouvriraient à 10 h. L’ouverture est un temps convoité par plusieurs. En effet, on la souligne par un tirage: pour quelques sous les visiteurs peuvent courir la chance d’obtenir trois minutes avant l'ouverture pour faire ses choix. Juste assez de temps pour aller chercher ce qu’on a « spotté » la veille! Outre les pièces diversifiées et colorées, j’ai découvert que la vente de Noël est un événement important pour ces organismes. Elle permet de rassembler une portion des argents nécessaires au maintien et l’entretien des locaux, à payer le loyer; 15% des ventes est perçu à cette fin. Avant d’être sollicitée pour le tirage d'un set de vaisselle qui aura lieu le 12 décembre et pour lequel des billets sont encore disponibles auprès des membres de la guilde (http://ykguild.wordpress.com/), je me suis sucré le bec avec les pâtisseries que les membres avaient concoctées, certainement avec amour à en juger par les parfums et les cuissons parfaites. Et je n’étais pas la seule à me lécher les babines!

Pleine d’émerveillement et d’enthousiasme pour l’événement à venir, j’ai hardiment traversé les quelques centaines de mètres qui séparent l’École St-Pat’s du NACC dans une température plus que clémente pour une fin novembre nordique. Je n’ai jamais vu le NACC aussi bondé. Snowking était déjà là tout en jaune avec son énorme boucle de ceinture à la Snowking et son chapeau loufoque! Une ferveur joyeuse et grandissante envahissait la salle de théâtre au fur et à mesure que le personnage coloré distribuait ses prix de présence à qui les voulait bien. Dans le tumulte de l’excitation, Jay Bulckaert est apparu pour présenter son oeuvre « Triump of the Chill », et remémorer les besoins des cinéastes d’ici et inviter ces derniers à se rencontrer après le visionnement pour discuter stratégie de lobby auprès du gouvernement. Le film est un rock-umentaire sur « le plus long festival d’hiver du monde » comme le souligne le maire de Yellowknife, Gordon Van Tighem. C'est aussi 46 minutes d’intimité avec Anthony Foliot (Snowking), et son équipe pour découvrir les étapes de la construction du château et de son histoire. Un film qui nous rend fier des gens d’ici et privilégié d’habiter Yellowknife. Un film à voir et à partager. (www.snowking.ca).