PROJET VERT L’AVENIR : Chronique d’écosurvie : Srevne'l à ednom eL/Le monde à l'envers

12 novembre 2009
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Malgré les apparences de société civilisée, nous vivons dans un monde en régression. À force de nous faire marteler le cerveau à coup de relation publique et de marketing, nous sommes en voie d’accepter que ce qui a l’air beau, doit forcément l’être.

Bienvenu dans l’ère de la première impression.

J’ai de plus en plus de difficulté à me faire une idée informée, encore moins logique, basée sur l’information raisonnablement accessible au commun des mortels.

La question qui me tracasse cette semaine : On annonce l’ouverture d’une nouvelle mine. On rapporte que la mine générera plusieurs emplois. On semble dire que la raison d’être de la mine est la création d’emplois.

Peut-être que je suis vieux jeu, mais je croyais que des mines, ça servait à extraire du minerai de la Terre. Si tel était le cas, j’aurais bien aimé qu’on demande : « Le métal en question serait-il disponible autrement ? ». Je pense que la réponse est « Oui ». Tous les jours, des milliers de tonnes de métaux se retrouvent au dépotoir. L’ouverture d’une nouvelle mine me semble donc difficile à justifier. C’est un peu comme le fait qu’on nous rabatte les oreilles avec l’idée que nous avons tellement besoin de tellement plus d’énergie. Pourtant, on parle bien peu des manières de réduire notre consommation actuelle d’énergie.

Des fois j’ai l’impression que nous travaillons sur notre belle apparence (personnelle, corporative, communautaire, etc.) afin de pouvoir mieux cacher notre état de décrépitude intérieure. Tout va tellement vite que si nous pouvons juste faire une bonne première impression, on pourra survivre un petit peu plus longtemps. Mais une fois que l’excitation des premiers instants s’envole, l’odeur remonte à la surface et il faut changer de place.

Si une mine ne sert qu’à créer des emplois, c’est qu’elle se soucie trop de son apparence. Une industrie qui vante les mérites de son produit, si utile soit-il (par exemple le pétrole), sans nous informer des effets néfastes qu’il peut aussi produire, se soucie trop de son apparence. Et les politiciens … bof ça vaut même pas la peine d’en parler !

Je ne veux pas dire que de bien paraître est un crime. Le crime est peut-être plus du côté de l’évaluateur. Si ça semble trop beau pour être vrai, il y a de forte chance que ça le soit. Le pétrole (peu dispendieux, relativement facile à extraire et à transporter et définitivement pratique) fait partie de cette catégorie. Mais la plupart d’entre nous faisons le choix de ne pas voir l’envers de la médaille. Le pétrole est extraordinaire tant qu’on ne fait pas attention à ces effets secondaires. Le pétrole avait l’air d’avoir belle apparence, mais l’excitation des premiers instants s’effrite et ça commence à sentir mauvais.

Se soucier de son apparence au lieu de son intérieur est une tendance qui allait bien au type de vie fast food de 20e siècle.

J’aimerais savoir : Serez-vous de ceux qui croient pouvoir continuellement passer d’une bonne première impression à une autre, ou serez-vous de ceux qui auront le courage de regarder les deux côtés des médailles ?

La suggestion de lecture de la semaine:

Le livre The self-sufficient life and how to live it de John Seymour. Bibliothèque des TNO, 630 SEY