PROJET VERT L’AVENIR : Chronique d’écosurvie : REDOUBLER D’EFFORTS

19 novembre 2009
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Quand j’étais enfant, dans mon quartier il y avait un boisé. On l’appelait « le gros trou ». En hiver on allait y glisser sur nos crazy carpet et nos skis en plastique. En été, on se faisait des trails de bicycle et on enterrait les chats de nos amis dans des boîtes de souliers, comme on avait vu à la télé. Quand on avait peur on allait se cacher dans le gros trou. Et quand on voulait se faire peur on allait jouer dans le gros trou. Puis un jour, sans nous avertir, ils l’ont rempli et y ont foutu une maison dessus. Encore aujourd’hui, je suis convaincu que cet incident réorienta ma vie d’un coup sec. D’autant plus que le remplissage ce fit dans l’espace de nos vacances estivale. Quand je suis parti il y avait encore un gros trou avec son bois et ces pistes de bicycle, et un mois plus tard, c’était un ramassis de graviers et de vieilles dalles de béton.

 

Ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire, c’est que personne ne nous aient averti. J’imagine qu’il y avait bien des enseignes de terrain ou de maison à vendre, mais ça veut pas dire grand chose pour des enfants de dix ans. Pour le petit garçon que j’étais, c’était la moitié de mon monde qui venait de disparaître sans raison. Et après le gros trou, on a élargi le boulevard Pierre-Bertrand, faisant disparaître du même coup les « trois arbres » et le siffleux qu’on allait nourrir à chaque printemps. Le gros trou, les trois arbres, la glissade en arrière du Provi-soir et le bois en arrière de Place Flamand. Un à un, tous ces « terrains de jeu » sont disparus et chaque fois sans que personne ne nous explique pourquoi. Comme si ces endroits où on passait la majorité de notre temps n’avaient pas d’importance. Comme si NOUS n’avions pas d’importance.

 

Une trentaine d’année sont passées depuis la disparition du gros trou et de bien d’autres endroits. Pour moi, vivre sur Ingraham Trail à environ une demi-heure de Yellowknife, sans eau courante et sans électricité m’a réconcilié avec la nature. J’ai retrouvé mon « gros trou », mais je ne me suis certainement pas réconcilié avec l’être humain. Bien que nous ayons la capacité d’accomplir de grandes choses, il est évident que nous avons aussi le pouvoir de détruire sans réfléchir. Depuis le début de ces chroniques je répète le même discours en utilisant à chaque semaine un cadre différent ; mais le message reste le même. Chaque individu peut faire des choix. Je suggère que ces choix soient faits en gardant toujours au premier plan la santé de la planète. Pour notre part, ma famille et moi avons décidé d’aller dans l’extrême par rapport au monde dans lequel nous avons été élevés et à partir de novembre 2009 nous tenterons d’atteindre notre but d’auto-suffisance alimentaire et énergétique. J’espère pouvoir vous tenir au courant des développements et peut-être même vous transmettre un brin d’inspiration afin que quelques-uns d’entre nous puissent redoubler d’efforts afin de minimiser l’impact de plus en plus négatif de l’être humain sur la planète.

 

 

La suggestion de lecture de la semaine:

Le livre Barnyard in Your Backyard: A Beginner's Guide to Raising Chickens, Ducks, Geese, Rabbits, Goats, Sheep, and Cows de Gail Damerow.

Bibliothèque des TNO, 636 BAR

 

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