PROJET VERT L’AVENIR : Chronique d’écosurvie : PRENDRE LE TEMPS

03 décembre 2009
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Pendant plusieurs années j’ai rêvé au type de vie que je suis en train de vivre aujourd’hui ; Être entouré par la nature au milieu d’une communauté partageant des valeurs similaires aux nôtres. Naïvement, j’avais l’impression qu’une fois mon rêve rattrapé, tout autour de moi prendrait la forme que je lui avais donnée dans ma tête… vous vous doutez peut-être que ce n’est pas le cas. Je suis donc en train de me poser quelques questions.

 

En 1990, David Taras dans son livre The Newsmakers : The Media’s influence on Canadian Politics, notait que pendant une journée moyenne les Canadiens sont exposés à 1 560 publicités par jour à travers les journaux, la radio, des affiches ou la télévision.

 

Ce monde, celui du Canadien moyen submergé d’idées qu’on veut lui vendre, est le monde dans lequel je suis né. Toute ma vie j’ai été innondé d’idées préfabriquées. Tous les jours, des idéologues vendeurs de cossins faisaient tout en leur pouvoir pour rentrer dans ma tête. Mon éducation, ce n’est pas de l’école ou de mes parents que je l’ai reçu, ce sont les médias qui me l’ont martelé à coup de publicité dans le cerveau. Ce que je réalise aujourd’hui c’est que j’ai en moi quarante années de « sound-bites » gravées malgré moi sur mon disque dur. Effacer le disque et recommencer à zéro n’est pas une option.

 

Ce n’est pas d’hier que j’essaie de contrôler mon exposition à ce demi-million de publicités annuelle. Graduellement j’ai volontairement diminué le nombre d’heure de télé et de radio. Aujourd’hui nous n’avons aucun signal radio ou télé à la maison. Je dois maintenant réapprendre à vivre sans ces dix mille entrées d’information hebdomadaire auxquelles j’ai été habitué.

 

Mais pourquoi vouloir me soustraire à la modernité ? Parce que pour moi, avoir à gérer les 22 776 000 messages publicitaires auxquels j’ai été exposé depuis ma naissance, c’est trop ! Pas surprenant que nos jeunes aient de la difficulté à concentrer sur une tâche à la fois. 569 400 intrusions subtiles dans leurs cerveaux annuellement, il y a de quoi devenir fou. Et pourtant, c’est ça la norme.

 

Comprendre l’impact exact que ces messages ont sur chaque individu ou sur la société en général est probablement aussi impossible qu’inutile. Pour moi, ça revient à la grande question que je soulève chronique après chronique : choisir. Choisir les messages auxquels nous voulons être exposés. Choisir l’environnement physique, mais aussi sonore et intellectuel dans lequel nous voulons voir nos enfants grandir.

Pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, il faut pouvoir l’observer. Pour l’observer, il faut avoir du temps. Et pour avoir du temps, il faut le prendre. J’ose croire qu’en limitant notre temps d’exposition aux quelque 1 500 messages quotidiens qui entrent nos cerveaux, nous pourrons faire place à des idées plus créatives à propos de notre place sur cette planète. Au pire, on pourra toujours s’asseoir sur le balcon et laisser le son de la rivière et du vent remplir les nouveaux espaces libres de notre cerveau.

 

 

La suggestion de lecture de la semaine:

Le livre The Newsmakers : The Media’s influence on Canadian Politics de David Taras.

 

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