Accueil des immigrants : « On est tous arrivés au cours de migrations »

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum,en compagnie de Sylviane Lanthier, la présidente de la FCFA. (Photo : FCFA)

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum,en compagnie de Sylviane Lanthier, la présidente de la FCFA. (Photo : FCFA)

La 10e Journée de réflexion sur l’immigration francophone a débuté le 2 mars avec un message percutant de l’historien Yves Frenette pour les communautés : souvenons-nous de notre passé migratoire pas si lointain et arrêtons de parler des immigrants comme des statistiques!
Les propos du titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les migrations et les communautés francophones, de l’Université de Saint-Boniface, ont trouvé une oreille attentive chez les 125 participants : intervenants, chercheurs et fonctionnaires. « On est tous venus sur ces terres au cours de migrations », a reconnu Sylviane Lanthier, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, responsable de l’événement.
« On dit souvent qu’on a été des communautés uniformes et homogènes, mais rappelons-nous qu’il y a eu des vagues de migration et on a eu besoin des Autochtones pour s’installer. On a aussi été accueillis et ça relativise un peu notre place sur le territoire. Ça ouvre aussi des portes sur comment on accueille les arrivants. »
La Manitobaine d’adoption et d’origine québécoise se souvient qu’elle était au cégep lorsqu’elle a côtoyé pour la première fois une personne de couleur. « Quand ma fille a vécu cette expérience, elle était à la prématernelle, dans une école à Winnipeg où la moitié des élèves venaient d’un peu partout.
« Notre univers se transforme, souligne-t-elle, et nos communautés changent. Notre capacité d’adaptation est assez bonne malgré tout. »
Sur « le discours d’instrumentalisation de l’immigration » d’Yves Frenette, Sylviane Lanthier concorde : « On ne peut pas mettre tout le poids de notre avenir sur les nouveaux arrivants. On a pris conscience qu’on a besoin d’être plus ouverts pas seulement quant aux nombres, mais aussi pour la vitalité qu’ils apportent. On veut valoriser la capacité de chacun de faire partie de la communauté et non leur mettre un poids sur les épaules. »
La journée a favorisé des échanges sur le rôle des gouvernements et sur les enjeux concrets de l’accueil. Elle se tenait à Toronto, la capitale de la province qui accueille annuellement près de la moitié des immigrants au Canada. En Ontario, l’immigration francophone aurait reculé ces dernières années à moins de 2 %, soit la moitié de la cible fixée par Ottawa.
L’immigration est un dossier important pour la province. Au Comité permanent de citoyenneté et immigration de la Chambre des communes, l’Ontario est représentée par sept des dix membres. L’Atlantique et le Québec ne sont pas présents au Comité, qui ne comprend aucun francophone.

En Atlantique
Si la cible est difficile à atteindre en Ontario, comment fait-on dans les autres provinces? Les communautés francophones doivent être très débrouillardes, affirme Jacinthe Lemire, la directrice générale de la Coopérative d’intégration francophone, de l’Île-du-Prince-Édouard.
« Il faut qu’on se démarque. La province finance des projets de recrutement et de promotion pour attirer les immigrants. Il y a des emplois à combler, comme en agriculture. On fait de la promotion avec des blogues et des interactions sur les réseaux sociaux. »
Le Programme de jeunes professionnels est particulièrement apprécié par l’organisme. Il permet aux candidats de vivre une expérience de travail, selon la directrice générale, et leur ouvre la porte au programme d’Entrée express et à la citoyenneté. Une douzaine de candidats ont été recrutés.
Comme ses vis-à-vis du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse membres de la Société nationale de l’Acadie, la Coopérative participera le mois prochain à Destination Acadie, une mission de recrutement en Europe et au Maghreb. Selon des données publiées le 2 mars, l’immigration européenne baisse alors que celle de l’Afrique augmente.
La délégation acadienne sera de passage à Bruxelles et à Paris avant de passer du 13 au 17 avril au Maroc. L’Afrique présente certains défis, signale Jacinthe Lemire. « Les diplômes sont moins facilement reconnus, l’agriculture n’a pas les mêmes outils et les mêmes animaux. Mais on trouve des Marocains ayant un bon niveau d’anglais, qui sont professionnels et qui ont voyagé. »
À sa quatrième participation à la Journée de réflexion, Jacinthe Lemire a animé une table ronde sur les défis de l’accueil. Elle s’est montrée particulièrement sensible à l’idée de prendre garde au discours qui réduit l’immigration à une question de survie linguistique.
« On a toujours été super concentrés à accueillir et à intégrer, soutient-elle, mais il faut faire attention à la façon dont on parle des immigrants. Les gouvernements veulent des chiffres. Mais on ne voit pas les choses comme ça au quotidien. »
 


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