Chronique culturelle : La mandoline envoûtée de Dana Sipos

04 juin 2009
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Le lancement de l’album Moonshine Brigade aura lieu le mardi 9 juin au NACC, 
à 8 h 30. Une contribution volontaire est demandée pour l’entrée. 
« Des denrées non périssables pour la banque alimentaire peuvent 
tenir lieu de contribution », précise l’artiste. (Photo : Batiste W. Foisy)

Le lancement de l’album Moonshine Brigade aura lieu le mardi 9 juin au NACC, à 8 h 30. Une contribution volontaire est demandée pour l’entrée. « Des denrées non périssables pour la banque alimentaire peuvent tenir lieu de contribution », précise l’artiste. (Photo : Batiste W. Foisy)

La chanteuse de Yellowknife lance Moonshine Brigade au NACC, le 9 juin, avec juste ce qu’il faut de folie.

Elle est arrivée au shooting photo vers neuf heures. À vélo.

Sa bécane bleue toute rafistolée a un panier en aluminium accroché aux poignées par des tie-wraps. Six pouces de profond par deux pieds de large, le panier. Certainement pas conçu pour ça. Dedans, une mandoline et une robe de bal un brin rétro.

« J’ai un concept! », lance-t-elle, toute frétillante. Voilà Dana Sipos, candide, sans flonflon, radieuse, délicieusement déjantée.

La dernière fois que j’ai eu la chance de passer pareil moment en compagnie de la jeune auteure compositeur interprète de Yellowknife, c’était à Québec, au début mai. Elle se produisait dans un minuscule pub irlandais, rue St-Jean, devant une petite foule où se mêlaient les collégiens couettés à keffieh équitable, quelques connaisseurs de folk indépendant et des réguliers soudés à leur pinte.

Pas besoin de beaucoup pour faire lever la salle. Un tabouret, une guitare, un gazou pendu à son cou par un cintre de métal, même pas d’amplification, juste Dana ses chansons, sa voix, son charme boréal.

L’album Moonshine Brigade est en vente depuis le printemps, mais il n’y avait pas encore eu de lancement officiel dans la communauté de l’artiste, partie tourner sa musique dans l’est du pays. Une trotteuse, Dana Sipos.

« C’était pas mal un succès, je dirais. La réponse du public était vraiment bonne. C’est Québec que j’ai préférée ».

La chanteuse de 25 ans s’est aussi rendue en Ontario, à Montréal, à Halifax et à l’Île-du-Prince-Édouard.

« Ça m’a beaucoup inspirée. L’océan surtout ».

L’album a été enregistré l’été dernier à Whitehorse au studio de Bob Hamilton (ancien Caribou Records) qui a notamment produit Pat Braden et Indio Saravanja. « C’est un joli petit studio en bois rond sur le bord du Alaska Highway. C’était vraiment un bel endroit pour enregistrer ».

Est-ce l’air frais des Rocheuses? Difficile à dire, mais le résultat est impeccable. Les arrangements folk un peu jazzés n’empiètent pas sur la voix sublime de Dana qui demeure résolument à l’avant.

Sur la pièce « Daybreak Hearthbreak », elle réussi le pari fou d’inclure une piste de gazou sur une pièce aux accents swing. Fallait le faire. Voilà, c’est fait.

Mais ces jours-ci, c’est la mandoline qui la fait groover. « C’est un instrument ensorcelant. J’ai écrit quatre chansons en quatre jours. Le soir avant de partir de l’Ontario pour revenir ici, il a fallu que ma grand-mère me l’arrache des mains pour que je puisse faire mon sac ».

Et là, Dana et sa mandoline se tiennent devant moi avec une robe rétro, une bécane à gogo et un concept photo. Elle passe la robe sur ses épaules. On trouve une ficelle de chanvre pour faire une ganse à l’instrument envoûté. Un canot et, zou!, nous filons sur la baie couverte de chandelles glacées, dont le soleil infatigable vient enflammer les mèches.

Je tire rapidement, car ses épaules dénudées ont froid. Ce n’est encore que juin. Il ne faudrait pas gâcher sa voix avant le concert.