Folk on the Rocks 2009 : L’année des excès

23 juillet 2009
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Le groupe québécois Kodiak a reçu un bon accueil du public ténois. Certains francophones se sont cependant plaint qu'on peinait à comprendre le hip-hop du chanteur dont la voix était souvent couverte par les rythmes ska de la basse et de la guitare. (Photo : Batiste W. Foisy)

Le groupe québécois Kodiak a reçu un bon accueil du public ténois. Certains francophones se sont cependant plaint qu'on peinait à comprendre le hip-hop du chanteur dont la voix était souvent couverte par les rythmes ska de la basse et de la guitare. (Photo : Batiste W. Foisy)

Folk on The Rocks bat un record d’audience en attirant plus de 5000 festivaliers.

 

À quelques jours de l’ouverture du festival Folk on the Rocks, une boutade faisait son chemin à Yellowknife. Avec des températures qui n’avaient pas dépassé la barre des 20 degrés centigrade une seule fois depuis le début de l’été, les mauvaises langues chuchotaient que le festival aurait dû changer son thème, « Endless Summer » (un été sans fin), par celui plus honnête de « Startless Summer » (un été sans commencement). Mais le señor Météo n’avait pas dit son dernier mot, et le beau temps est arrivé juste à temps pour faire le bonheur des amateurs de musiques endiablés.

Était-ce l’effet Sam Roberts? Ou simplement l’envie irrépressible de profiter d’un été qui se laissait depuis trop longtemps désirer? On ne le saura peut-être jamais. Mais en tout cas, les démons du rock se sont déplacés en masse : plus de 5000 personnes ont franchi les portes du site de Long Lake. Un record.

Conséquence de cette popularité inattendue : la bière a manqué! En fin d’après-midi dimanche, l’enclos à buveurs que les anglophones nomment euphémistiquement « beer garden » avait tari au grand dam des assoiffés, dont certains faisaient la file depuis presque une heure pour se procurer leur boisson maltée préférée.

L’anecdote a, semble-t-il, ému une part non négligeable du lectorat de L’Aquilon. Plusieurs festivaliers d’expression française ont, en effet, abordé l’auteur de ces lignes pour exprimer leur désarroi face à la sécheresse houblonnée. Un d’entre eux, habitué de ce genre de rassemblements festifs, affirme n’avoir jamais rien vu de tel.

« Écoute, il y avait du monde qui faisaient la file au gros soleil, pis là on leur annonce qu’il y a plus de bière. Plus de coolers. Nada. Pantoute. Bin là, il se sont retournés et il se sont remis en file pour se faire rembourser leurs tickets. Ça pas d’allure. T’es aussi bien d’en parler dans ton journal. » Voilà, c’est fait. Peut-on parler de la musique maintenant?

François Grégoire de la formation montréalaise Kodiak, lui, en parle avec faconde. « Ah, t’es journaliste? Bin je vas te dire une affaire : le band pis moi on n’en revient juste pas. On fait plein des festivals, Festival d’été de Québec, Woodstock en beauce, name it, bin celui là c’est vraiment un festival de qualité. C’est écoeurant! Et puis c’est familial, il y a des enfants partout. Je te jure que quand on va revenir au Québec on va en parler de votre festival. » Il affirme avoir été agréablement surpris de la qualité des groupes locaux dont Digawolf et Giant Con.

Le joueur de banjo Old Man Luedecke a des commentaires du même ordre. « C’est vraiment un festival exceptionnel, dit-il. On m’en avait déjà parlé, mais je constate que c’est encore mieux que ce que j’en avais entendu. » Il se dit heureux d’avoir découvert la folkeuse Dana Sipos qui l’a beaucoup impressionné.

Parmi les festivaliers satisfaits de leur expérience notons le saxophoniste de la formation ska punk québécoise Arseniq 33, Alexandre Fecteau, qui était de passage à Yellowknife pour y visiter sa sœur. Il affirme avoir eu beaucoup de plaisir et avoir découvert de nombreux groupes, Digawolf en particulier. Il compte convaincre son groupe d’appliquer pour l’édition 2010. Arseniq 33? Voilà un groupe dont le nom sonne déjà un peu local.

À l’an prochain pour les trente ans du festival.