Affaire Roland-Russel : « Il ne faudrait pas virer ça en soap opera »

23 juillet 2009
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Des députés d’opposition plaident en faveur d’un huis clos. L’enquête débutera en septembre et durera neuf jours.

L’enquête sur les allégations de conflit d’intérêts du premier ministre Floyd Roland en lien avec sa relation avec l’ex-greffière des comités parlementaire, Patricia Russel, devrait avoir lieu à huis clos estiment certains députés à l’origine de l’investigation.

Lors de l’audience préliminaire à l’enquête, le 16 juillet, le député de Kam Lake, Dave Ramsay, a indiqué sa préférence pour des audiences tenues derrière des portes closes. « Il ne faudrait pas virer ça en soap opera », a-t-il lancé à l’arbitre unique chargé de l’enquête, le juge à la retraite, Ted Hughes.

« Je crois qu’en raison de la nature de la plainte, l’enquête pourrait aisément être transformée en cirque médiatique, a-t-il poursuivi. Je ne veux pas que cela se produise. »

Après l’audience, Ramsay a expliqué plus en détail sa prise de position aux médias. Il a exprimé ses craintes de voir la presse faire des choux gras de ce qu’il considère être « une histoire juteuse ». Il a dit ne pas vouloir blesser la famille du premier ministre et ses enfants en particulier. « J’ai indiqué dans le passé que je souhaite que le premier ministre démissionne, a-t-il poursuivit, et ça n’a pas changé. »

Ce printemps, le député de Kam Lake, connu pour son attitude bagarreuse envers le gouvernement, avait co-signé, avec cinq de ses collègues de l’Assemblée législative, une lettre adressée au commissaire à l’éthique des TNO lui demandant de passer en revue la conduite du premier ministre. Dans la révision on révélait que le premier ministre aurait menacé des député d’opposition, dont M. Ramsay. C’est cette révision qui a conduit à l’ouverture de la présente enquête.

Une autre co-signataire de la lettre, la députée de Frame Lake, Wendy Bisaro, était aussi présente à l’audience préliminaire. Elle a abondé dans le même sens que son collègue. « Je ne crois pas que ce soit nécessaire que [l’enquête] ait lieu en public », a-t-elle dit.

Le premier ministre Roland n’était pas présent. Il était représenté par son avocate, Me Catherine Peterson, qui ne s’est pas explicitement prononcée sur les préférences de son client quant à l’ouverture ou non de l’enquête.

« Il est possible que nous présentions une requête à cet égard, à un moment donné, a-t-elle simplement indiqué. Mais nous pensons qu’il serait prématuré de le faire maintenant. »

Les membres de la presse, eux, ont plaidé en faveur d’une enquête publique. Le reporter Lee Selleck, du réseau CBC, a indiqué à l’arbitre Ted Hughes qu’il importait que les audiences soient ouvertes vu qu’elles « soulèvent des enjeux importants quant à la mécanique du système de gouvernement de consensus ».

L’arbitre Hughes, à qui revient la décision d’ouvrir les portes de la salle d’audience au public, a choisi de tenir une audience sur ce sujet à l’ouverture de l’enquête elle-même. Malgré tout, il a fait entendre sa préférence pour un processus « transparent ». « Nous vivons dans une société où les portes sont ouvertes », a-t-il déclaré avant de signaler qu’il est d’usage de tenir ce genre d’enquête au vu et au su du public et de la galerie de la presse.

« Je n’ordonnerai pas la tenue d’une audience à huis clos sans avoir entendu le point de vue des médias », a-t-il conclu.

 

En septembre

L’enquête s’ouvrira le 8 septembre et durera neuf jours séparés en deux blocs distincts : du 8 au 12 septembre et du 5 au 9 novembre.

Pour l’instant, la liste des témoins à entendre demeure à déterminer et on ne sait pas non plus quand elle sera complétée. « Rien de tout cela n’a été fait », a admis l’adjoint de l’arbitre.

Le premier ministre Floyd Roland fait face à des allégations de mauvaise conduite et de conflits d’intérêts pour avoir tenu secrète pendant au moins deux mois la relation qu’il entretenait avec celle qui était, à l’époque, greffière des comités permanents de l’Assemblée législative, Patricia Russel. Dans le système de gouvernement de consensus, ces comités tiennent lieu d’opposition officielle.

Suite à la révélation de la relation intime du premier ministre, en décembre 2008, Mme Russel a été mutée à un autre poste au sein de la fonction publique territoriale. Elle est désormais directrice des élections auprès d’Élections TNO.