Début de la session d’hiver des cours de français offerts par l’AFCHR : « I don’t want to die unilingual »

16 janvier 2014
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Kirsten Daigneault et Terri Murrell ont commencé à étudier le français et ses côtés plus ou moins faciles avec Rosie Benning, dans les locaux de l’Association franco-culturelle de Hay River.

Kirsten Daigneault et Terri Murrell ont commencé à étudier le français et ses côtés plus ou moins faciles avec Rosie Benning, dans les locaux de l’Association franco-culturelle de Hay River.

Bonjour, un, deux, trois, merci. Ces mots si simples pour certains peuvent pourtant donner l’impression d’une entorse au cerveau pour d’autres. Malgré le défi d’apprendre la langue de Molière par séance de 90 minutes par semaine, environ une dizaine de personnes se sont inscrites cette session au cours débutant et intermédiaire/avancé offerts par l’Association franco-culturelle de Hay River. Pourquoi un adulte qui vit, travaille et élève sa famille aux Territoires du Nord-Ouest déciderait d’étudier le français comme passe-temps du mercredi soir?

Pour Kirsten Daigneault, mère de deux enfants, c’est pour pouvoir lire des livres en français à son plus vieux qui est au préscolaire à l’école Boréale. Les enfants sont aussi la source de motivation de Marie-Anne Delorey, qui, dans sa garderie en milieu familial, accueille trois francophones. La plupart des élèves (en ce premier cours de la session, il n’y avait que des femmes présentes) connaissent les notions de base en français, apprises à l’école il y a un certain nombre d’années! Les cours du soir sont l’occasion de se rafraîchir la mémoire et de satisfaire leur envie de simplement apprendre une deuxième langue, but énoncé par plusieurs.

Les embûches causées par le genre des mots, les différents temps de verbe ou les fameuses lettres muettes, Rosie Benning les connaît bien. Celle qui donne les cours de français depuis deux ans est en fait une anglophone originaire de l’Ontario. Après trois ans d’études universitaires dans la capitale française, elle maîtrise le français parisien de manière à confondre n’importe quelle journaliste québécoise qui observe son cours!

Rapidement, les élèves sont amenés à discuter, à se lancer malgré les erreurs. Les débutantes associent des photos de citoyens de Hay River avec leur description, avec une aisance impressionnante, pour des personnes qui ne comprennent apparemment presque rien de la langue. Puis on compte et on récite l’alphabet en se lançant un toutou. « Ce vocabulaire est loin! Ça revient maintenant!» lancent naturellement les élèves après quelques minutes de cours. Au niveau suivant, elles racontent leurs vacances des Fêtes, elles qui sont rendues assez à l’aise pour exprimer leurs idées en français. « Le plus difficile, c’est le défi de surmonter sa peur de faire des erreurs. S’ils n’ont pas peur, ils avancent beaucoup plus vite », observe Rosie Benning dans ses cours. Ce conseil qu’elle donne rapidement à ses nouveaux élèves semble rassurer les débutants, dont Kirsten Daigneault, qui avoue à la fin du premier cours que « après qu’elle a dit que c’était normal de faire des erreurs et qu’on allait en faire assurément, ça a mieux été ». Quant à elle, Terri Murrell a trouvé particulièrement intéressant d’être de l’autre côté de la table, elle qui a déjà travaillé comme enseignante d’anglais.

Les cours de français se donnent de façon sporadique depuis plusieurs années et de façon plus régulière depuis 2012, alors qu’une bourse a permis à l’AFCHR d’installer plus adéquatement ce service aux citoyens. Justin Carey, président de l’AFCHR affirme qu’en plus d’être un bon service à offrir, l’intérêt pour des cours de français était présent de la part de la population générale. « Il y a définitivement une demande, surtout des parents de l’école [Boréale] ». Pour avoir plus d’informations au sujet des cours offerts le mercredi soir jusqu’en avril, contactez l’AFCHR ou Rosie Benning. Vous pourrez ainsi partager l’opinion de Nancy Makepaece, du cours intermédiaire, à qui j’ai demandé pourquoi elle étudiait le français et qui m’a spontanément répondu : « I don’t want to die unilingual ».