Congrès ACELF : « D’un français de tête à un français de cœur »

24 septembre 2015
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La présidente de la thématique du 68e Congrès, la consultante en éducation et leadership, Claire Thibideau. (Photo : ACELF)

La présidente de la thématique du 68e Congrès, la consultante en éducation et leadership, Claire Thibideau. (Photo : ACELF)

Le garçon entre à la maison et annonce : « Maman, j’ai vu une plane passer au-dessus de la maison. » La maman (acadienne) le corrige : « Avion, mon chou! » Alors il se reprend : « J’avions vu une plane passer… »
C’est une des farces préférées de Gérald Boudreau, un ancien administrateur à l’Université Sainte-Anne (Nouvelle-Écosse) et président de l’Association canadienne d’éducation de langue française de 2000 à 2008. C’est un rigolo parmi les 500 à 800 délégués qui se réunissent chaque année pour parler éducation et célébrer la francophonie nationale.
L’aspect festif du congrès n’est pas la priorité numéro un, mais certainement une partie importante. C’est une fin de semaine de travail qui regroupe des intervenants de tous les secteurs de l’éducation et c’est aussi une fête.
« J’ai connu des présidents et des vice-présidents qui étaient pas mal raides et qui n’avaient pas le don de rigoler, lance-t-il. Quand c’est sérieux, j’ai tendance à l’être aussi. Mais en situation informelle, quand on peut faire une blague, pourquoi pas! Il y a plein de temps dans les trois jours pour fêter, ça fait partie de la formule. »
Les célébrations commencent dès la soirée d’accueil, avec une soirée libre qui permet les retrouvailles en groupe d’amis. C’est très bien préparé, souligne Gérald Boudreau. Il accorde au personnel et en particulier au directeur général Richard Lacombe le crédit pour le succès festif du seul rassemblement de tous les francophones du pays, incluant le Québec.
Telle est la culture de l’organisation, confirme Claire Thibideau, présidente de la thématique du 68e congrès, qui se tiendra du 24 au 26 septembre à Niagara Falls, Ontario, sous le thème : « En français? Avec plaisir! »
« Le personnel est très chaleureux et ils ont une belle vision de l’éducation française en milieu minoritaire. Les congressistes, ce sont souvent des gens passionnés. Il le faut bien quand tu prends ton temps de fin de semaine pour te déplacer et suivre des ateliers. »
Le choix du thème répond à une prise de conscience : le temps est venu pour le milieu éducatif de passer d’un « français de tête à un français de cœur ». Quand la thématique a été annoncée, l’ACELF a reçu 80 offres pour les 27 ateliers prévus au programme.
« On n’avait jamais vu ça, note Claire Thibideau. Tous les ateliers ont cette composante d’apprentissage qui se fait dans le plaisir, le jeu et le bien-être. Quand on enseigne, on doit être des modèles, on doit nous-mêmes être passionnés par la langue et la culture françaises. »
La soirée du vendredi débutera avec la cérémonie d’hommage pour reconnaître l’engagement de champions de la région du sud de l’Ontario, dont la militante de longue date, Claudette Boyer, à titre posthume. Le traditionnel banquet sera suivi par un spectacle marquant le 400e anniversaire de la présence française en Ontario et le 40e anniversaire du drapeau franco-ontarien.
« Le Congrès de l’an dernier à Halifax était particulièrement joyeux, explique le président, Yves St-Maurice. Pour égayer et tourner en humour des choses sérieuses, il n’y a pas de meilleur ambassadeur que Darrell Samson (le coprésident du congrès et directeur général du Conseil scolaire acadien provincial).»
Yves St-Maurice n’a pas manqué un congrès depuis 2001. Il se souvient aussi avec plaisir du rassemblement de 2011 à Ottawa qui avait réuni mille participants pour entendre, entre autres, une conférence de l’ancienne gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean. «Quand il y a beaucoup de monde, le party est encore meilleur. »