Éditorial : Conter des histoires

09 juillet 2009
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Il y a quelque chose de profondément absurde dans cette histoire. Non, pas absurde. Pathétique.

Une fois tous les quinze ans, une histoire de chez nous intéresse un producteur de Montréal ou une équipe d'Hollywood. Les TNO, ce n'est pas aussi sexy que le Yukon; pas aussi exotique que le Nunavut. Et là, maintenant que ça se produit, notre gouvernement est trop empêtré dans ses habitudes de dilapideur de ressources naturelles résigné pour voir la passe. Pathétique, oui.

Louis Bélanger a eu bien raison de tourner son film Timekeeper au Québec. Là-bas, comme dans chacune des provinces canadiennes et dans les deux autres territoires, on fait des pieds et des mains pour accommoder les équipes de tournage. Surtout, on offre des crédits d'impôts pour que les producteurs y trouvent leur compte. Ça coûte cher le cinéma et dans un petit marché comme celui du Canada, chaque sou compte.

Ici, pas de crédit d'impôt pour les créateurs. Non, nous gardons nos gâteries fiscales pour les compagnies minières et les grosses pétrolières. «Un régime de taxation parmi les plus compétitifs au monde», affirme la publicité du ministère des Affaires indiennes. Compétitif, mais pourvu que tu sois une grosse compagnie.

Pendant que notre ministre de l'Industrie pérore sur l'importance d'assurer des emplois « à long terme», ailleurs au pays, on investit dans la culture pour stimuler l'économie, justement. Une équipe de tournage ce n'est pas rien que des acteurs et un gars assis sur une chaise en toile qui crie 'Action!'. Ce sont aussi des chauffeurs, des traiteurs, des interprètes, des jobs. Vous avez déjà lu un générique.

Et, entre vous et moi, il restera des histoires à conter ici, bien après qu'on aura déterré le dernier diamant, qu'on aura pompé la dernière goutte de gaz.