Environnement : Ainsi fond, fond, fond la (pas si) petite mer arctique

16 juillet 2009
0 Commentaire(s)
Voilà l'océan Arctique tel que l'a croqué le satellite ICESat à l'hiver 2008. Les zones les plus pâles sont les couches de glace les plus épaisses (5 mètres) et les plus foncées, celles où la glace est la plus fine (moins d'un mètre). (Illustration: NASA)

Voilà l'océan Arctique tel que l'a croqué le satellite ICESat à l'hiver 2008. Les zones les plus pâles sont les couches de glace les plus épaisses (5 mètres) et les plus foncées, celles où la glace est la plus fine (moins d'un mètre). (Illustration: NASA)

La banquise arctique subit une cure minceur à faire pâlir de jalousie tous les Montignac du monde entier.

Elle a perdu 68 centimètres en quatre ans.

C'en est devenu redondant. Voilà une autre étude qui confirme que le couvert glaciaire de l'océan Arctique rétrécit. Mais les données rendues publiques cette semaine par la NASA ont ceci de particulier: elles offrent des renseignements précis sur l'épaisseur de la glace d'un bout à l'autre de la banquise, une première.

Alors que, jusque-là, on se fiait à des prélèvements sur le terrain pour déterminer l'épaisseur de la banquise, une méthode imprécise, la NASA a dévoilé le 7 juillet des données sur la hauteur des glaces arctiques et leur variation ces dernières quatre années, et ce, pour chaque pouce d'océan gelé.

Le constat de ces recherches ne surprend pas: la glace fond à vue d'œil. Ou plutôt à vue de machine, car c'est grâce au concours du satellite ICESat que la célèbre agence spatiale américaine a pu obtenir ces nouvelles données, les plus précises à ce jour. «Une des principales choses qui manquait quant à la connaissance des glaces marines, c'était des données exhaustives sur l'épaisseur des glaces», explique Jay Zwally, co-auteur de la recherche publiée dans la revue spécialisée Journal of Geophysical Research Oceans.

De 2004 à 2008, la banquise s'est aminci en moyenne d'environ 68 centimètres (2,2 pieds) ou 17 centimètres par an (7 pouces). C'est une dégelée significative, car, en général, l'épaisseur de la banquise dépasse rarement les 2,7 mètres (9 pieds).

Durant cette même période, le couvert des glaces anciennes – celles qui ne fondent pas en été – a régressé de 42 %. Pas moins de 1,5 million de kilomètres carrés de glaces anciennes ont fondu au courant des quatre dernières années. Une superficie équivalente à 57 fois celle du Grand lac des Esclaves.

"Même au courant des années où l'étendue du couvert glaciaire est demeurée stable, l'épaisseur et le volume de la banquise ont continué de régresser", note le directeur de ce programme de recherche, Ron Kwok.

«Nos données vont aider les scientifiques à mieux comprendre la vitesse à laquelle le volume des glaces arctiques régresse, poursuit-il, et ainsi déterminer plus exactement quand l'océan sera entièrement libre de glace en été.»

Cette dernière éventualité surviendra tôt ou tard, estime la NASA. Mais pour l'instant, la communauté scientifique peine à en prédire la date. Les plus pessimistes pensent que cela pourrait survenir avant 2020, alors que les plus optimistes n'entrevoient pas la fonte ultime avant 2100. Qui vivra verra.