PROJET VERT L’AVENIR : Chronique d’écosurvie : À L’AIDE !

29 octobre 2009
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Bill Mollison est le co-développeur du concept de la « Permaculture ». Lui et David Holmgren ont élaboré cet outil de design environnemental dans les années 70. On retrouve aujourd’hui des milliers de personnes partout sur la planète qui s’inspirent de cet outil afin de mieux comprendre et interagir avec leur environnement.

Ce dont j’aimerais parler aujourd’hui n’est pas tellement du concept en soi, mais d’une idée venant de Bill Mollison. Il a fait la provocante suggestion que nous aurions besoin de faire venir ceux qui possèdent le savoir de systèmes traditionnels viables en occident afin qu’ils nous apprennent à nous nourrir (au lieu d’envoyer des designers en permaculture dans les pays du tiers-monde)1.

Pensez à ça deux minutes. La plupart des gens que l’on considère comme « pauvre » sur la planète ont été capables pendant longtemps de se loger, de s’habiller et de se nourrir souvent pour moins que rien. À cause de l’étalement urbain et de l’économie de marché (la fameuse « offre et la demande ») la situation n’est plus tout à fait la même. Toutefois, il est probablement prudent d’affirmer que des personnes de milieux ruraux dit « pauvres » auraient plus de chance de s’en tirer que des « riches » de la ville en cas de sécession de l’approvisionnement alimentaire industriel.

Regardez autour de vous et demandez-vous ; si l’épicerie fermait ses portes demain matin, qu’est-ce que ça voudrait dire pour moi ?

Évidemment, ce n’est pas la façon dont nous aimons envisager le futur. Nous sommes beaucoup plus à l’aise avec le statu quo. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et pourquoi s’en faire de toute façon ; y’aura toujours quelqu’un pour nous sortir du trou.

Si vous avez déjà lu ma chronique, vous vous êtes probablement déjà aperçu que je suis hargneux (oui c’est un mot !) C’est que je n’en peux plus de voir partout autour de moi des gens si déconnectés de la planète sur laquelle ils vivent. J’ai grandi ignorant comme plusieurs autres. J’ai été éduqué à grand coup d’assied-toi-et-tais-toi sans que jamais on ne m’apprenne l’importance de bien comprendre cette boule sur laquelle je vis. Et vivre simplement n’est pas si simple que ça. On aime bien penser que ça l’est. Par exemple, nous acceptons aujourd’hui l’idée que de traverser un pays comme le Canada est « facile ». Mais cette « facilité » a un prix. Et ce prix, nous ne pouvons pas le voir. Parce que nous sommes déconnectés.

Je continue d’écrire parce que je me dis que si j’arrive à ne toucher qu’une seule personne au point qu’elle agisse en pensant à l’impact de ses actions quotidiennes sur la planète, j’aurai réussi mon travail.

Seulement lorsque le dernier arbre sera mort,

Que la dernière rivière aura été empoisonnée et

Que le dernier poisson aura été pêché,

Réaliserons-nous que l’argent ne se mange pas.

- Indien Cree                                               

La suggestion de lecture de la semaine: Le livre Earth Democracy de Vandana Shiva.

Vos commentaires sont toujours appréciés au www.aquilon.nt.ca

1 Permaculture: Principles & Pathways Beyond Sustainability, David Holmgren, Holmgren Design Services, 2002 (2006), page 122